agenda / news / kroniks CD / kroniks livres / subsessions / à la loupe / icones / on y était / contact / liens / archives

L'agenda
Plateau découverte le
3 février à Tulle avec
des groupes du 63...

les autres dates

Les News
Festival de Jazz
en pays de Tulle à
partir du 16 janvier

l'actu en bref

Kroniks CD
Depeche Mode, Anis, Fiona Apple, Sophie Auster, Clap your Hand say yeah...
les sorties

Kroniks livres
Brigitte Aubert,
Christelle Maurin et
Akli Tadjer...

les nouveautés

From England
Chroniques anglaises
d'une envoyée spéciale
du Subculture à Brighton

Chroniques

Playlists 2005
CD, DVD, ciné, concerts...
Le meilleur de 2005 pour
l'équipe de Subculture

Playlits

Nous contacter
Vous souhaitez faire passer une info, nous contacter, devenir membre actif...
les contacts

Liens utiles
Une sélection de liens qu'on aime bien. Proposez les votres...
d'autres sites

Les archives
Vous avez manqué quelquechose. Ouf, nos archives sont disponibles.
les archives

> NOVEMBRE / DECEMBRE 2005

Ensemble c’est toute, Une vie française
Anna Gavalda - " Ensemble c'est tout" (en poche)
Jean-Paul Dubois - "Une vie française" (en poche)


Avec au moins un prix littéraire de retard, deux romans qu’il faut absolument lire… histoire de se réconcilier avec la littérature française. Que ce soit Anna Gavalda avec " Ensemble c'est tout" ou Jean-Paul Dubois pour "Une vie française", voilà deux gros bouquins écrits dans une langue sans fioritures ni nombrilisme et qui racontent de vraies histoires de vrais gens.
Deux romans de grand souffle. Qui nous touchent aussi par leur manière particulière de nous inviter dans des vies à la fois imaginées et pourtant si proches de nous... de nos réalités et de rêves. P.C.

 

Des gens du milieu du monde
Des gens du milieu du monde - Marc Boisseuil - Ed. Culture et Patrimoine en Limousin

Voilà un livre étonnant. Reçu au bureau, il est resté posé là sans que personne sans occupe vraiment. Le nom de la maison d'édition "Culture et Patrimoine en Limousin" n'incitait pas vraiment à l'aventure. Pourtant, la curiosité aidant, on tente l'expérience. Et l'on plonge dans un autre univers, celui des gens du milieu du monde. L'idée est belle et pourrait séduire nombre de propriétaires d'albums photos. Marc Boisseuil, l'auteur, descend d'une famille enracinée en Limousin. Amateur de photographie, il essaie, par la transmission du regard, l'audacieuse recomposition d'une histoire imaginaire... celle de sa famille au travers d'une quarantaine d'images issus de deux albums hérités de ses ancêtres. Les textes sont écrits par autant d'amis, lequels inventent une nouvelle manière de ragarder ces clichés d'un autre âge.
Une belle démarche, celle d'un homme qui sait redonner aux choses du passé le poids et la grâce du présent. P.C.

 

L’affaire du Dalhia Noir
L’affaire du Dalhia Noir – George Hodel (en poche)

Le 15 janvier 1947, le corps d'une femme est retrouvé coupé en deux dans un terrain vague de Los Angeles. Agée de vingt-deux ans, Elizabeth Short, le "Dahlia Noir", a souffert le martyre avant de mourir. Quelques jours plus tard, imitant Jack l'Éventreur, le tueur lance à la police : "Attrapez-moi donc si vous pouvez". Devenu un véritable mythe, ce meurtre, comme bien d'autre, ne sera jamais résolu. Jusqu'au jour où, cinquante ans plus tard, l'ex-inspecteur des Homicides de L.A. Steve Hodel découvre une photo d'Elizabeth dans un carnet de son père qui vient de mourir.
Que vient-elle faire là ?
Bouleversé, il reprend son travail de policier et, comme le dit Michael Connelly, "voyage qui intrigue et dérange à chaque pas", il se lance dans un enquête "exhaustive et totalement convaincante. Comme ce livre". Très ému, James Ellroy déclarera à son tour : "J'étais celui qui pose les questions. Il fut celui qui y répondit. J'étais le sceptique. Il fut celui qui prouva".P.C.

La suite sur cet excellent site : http://polarnoir.neuf.fr/Hodel/Hodel_dahlia_noir.htm et surtout ici : http://www.pop-comm.com/blackdahlia/cadre.htm

 

> SEPTEMBRE / OCTOBRE 2005

Apprenti
"Apprenti" de Pierre MAGNAN (Folio)

Drôle d’histoire, drôle de vie. A seize ans, Pierre Magnan écrit Périple d’un cachalot . Le livre ne sortira pas. A 24 ans, il publie son premier roman L’aube insolite qui ne connaîtra aucun succès. Alors, pour vivre, l’écrivain de Manosque entre dans une société de transport frigorifique où il restera jusqu’à son licenciement économique en 1976. Jamais, pourtant il n’a cessé d’écrire, mais ne publie pas. Profitant de ses loisirs forcés, il écrit et réussit à publier son premier roman policier Le sang des Atrides, lequel connaîtra un succès foudroyant. Comme tous les autres volumes mettant en scène l’étonnant inspecteur Laviolette. Pierre Magnan est aujourd’hui âgé de 83 ans et son Périple d’un cachalot est devenu un classique. 83 ans, l’âge de se souvenir et de faire partager une belle et dense existence avec ce style si riche et intense qui caractérise toute l’œuvre de Pierre Magnan. Pourtant cette vie commence par un drame que l’auteur nous révèle dans les pages d’Apprenti, un drame intime qui aujourd’hui encore le fait souffrir. Il faut lire aussi ce livre comme un témoignage vivant d’une autre époque où l’homme valait encore quelque chose pour l’homme. Il faut lire Pierre Magnan, ce livre mais aussi ses policiers dont les intrigues vous tiennent jusqu’à la dernière lignes - ce n’est nullement un cliché le concernant. Enfin, il faut lire un auteur qui dans la courte bio qui accompagne chacun de ses livres écrit « Il es apolitique, asocial, atrabilaire, agnostique et, si l’on ose écrire aphilosophique »… et donc nécessairement digne de tout votre intérêt. P.C.

Mais aussi :
-La maison assassinée
-Les Courriers de la mort
-Le mystère de Séraphin Monge_
-Les secrets de Laviolette
-La Folie Forcalquier
-Le parme convient à Laviolette_-L'Occitane_
-Un monstre sacré
Tous ces romans et le reste de la bibliographie de Pierre Magnan ont été publiés en poche chez Folio.

 

C’est sale, mais tellement bon
Dirty Sally de Michael SIMON (Flammarion)

Inspecteur de la criminelle à Austin, Texas, Dan reles a beau être un dur, la mort de son meilleur ami et collègue, Joe Velez, lui en a fichu un sacré coup. Mais personne n’aurait l’idée de faire le rapprochement avec l’assassinat d’une prostituée atrocement mutilée et encore moins avec la mort accidentelle d’un jeune militant des droits civiques écrasé par un bus. Lui si, mais il lui faudra passer par les méandres nauséabonds de l’hypocrisie humaine et politicienne. Michael Simon, l’auteur de Dirty Sally est un nouveau venu dans la grande famille du thriller américain, mais ce premier volume est un coup de maître. Un style tranché pour nous faire avalé quelques belles pages magnifiquement terrifiantes.
Un maître du genre, James Ellroy, ne s’y est pas trompé qui écrit : « Dirty Sally est tout ce qu’on aime et ce que j’aime : un roman dense, sombre et rugueux . La prose de Michael Simon est aussi saisissante que ses personnages. ». P.C.

 

Du côté des Francs maçons
Le rituel de l’ombre d'Eric Giacometti et Jacques Ravenne (Fleuve Noir)

Mai 2005, Rome, Une archiviste du Grand Orient de France est assassinée au Palais Farnèse, suivant un rituel qui évoque la mort d’Hiram, fondateur légendaire de la franc-maçonnerie. A Jérusalem, un archéologue en possession d’une énigmatique pierre gravée subit un sort similaire. Cette œuvre de fiction écrite par le journaliste non maçon Eric Giacometti et Jacques Ravenne, maître maçon, nous introduit dans les coulisses d’une société réputée secrète et apporte un éclairage étonnant sur le IIIe Reich. P.C.
Alors ce Houellebecq ?
La possibilité d’une île de Michel HOUELLEBECQ

Et bien voilà. Las de lire tout et n’importe quoi dans la presse (un torchon illisible pour les uns, un chef d’œuvre célinien pour les autres), las de se faire une idée plutôt sombre de l’auteur selon que l’on lit untel ou untel, voire l’auteur lui-même, las, enfin, de se faire guider dans ses choix par une campagne média terrifique (du Figaro au Inrock en passant par Frannce Dimanche ou Libé)… on décide d’acheter La possibilité d’une île et de se faire sa petite idée sur le grand tralala de la rentrée littéraire, signé Michel Houellebecq.
On ne vous parlera pas ici du contenu car lecture en cours oblige, ce serait indécent. Toutefois, comment ne pas signaler d’entrée que l’affaire semble intéressante et mérite d’être poursuivie. Alors, Houellebecq ou pas ? Pour ou contre bien au contraire !
Pour ce faire une idée on peut aussi consulter le site houellebequien en diable puisque tenu par le Michel lui-même.
P.C. http://homepage.mac.com/michelhouellebecq/Menu23.html
Bosh revient aux affaires
Deuil intrdit de Michael CONNELLY (Seuil)

Adolescent, Michael Connelly est témoin d’une agression ; il connaîtra même quelques soucis avec la police qui, un temps le soupçonne. Cette histoire sera le déclencheur de la passion de cet auteur né à Philadelphie en 1957. Après dix ans de journalisme spécialisé dans le crime, Michael Connelly s'est inspiré de la réalité cruelle qu'il a côtoyé au cours de ses enquêtes pour nourrir des œuvres de fiction d'un réalisme troublant.
Dans son dernier roman paru il y a quelques semaines, son héros récurrent, l'inspecteur Harry Bosch, revient aux affaires ; c’est-à-dire qu’après quelques mois de retraite, il est appelé pour intégrer le service des « affaires non élucidées ». En l’occurrence, une affaire datant de 1968 : une jeune fille de 16 ans, Becky Verloren, est enlevée chez elle, puis retrouvée morte quelques jours plus tard. Elle a été tuée d’une seule balle tirée en pleine poitrine. Tout fait penser à un suicide et si les premiers enquêteurs ont, eux, songé à un meurtre, personne n’a jamais été arrêtée. A peine arrivé dans son service, Bosh reçoit les résultats d’une analyse ADN qui remet toute l’affaire en branle… pour le plus grand plaisir du lecteur qui apprécie plus que tout la perfection du style de Connelly, son talent pour ficeler une intrigue et sa vision très dur de l’Amérique contemporaine.P.C.

 

 

> MAI / JUIN 2005

Smoking or not smoking ?
"La Fume" de Robert Molimard (Ed. SIDES, 261 pages- 21 euros)

Telle est la question que l’on ne devrait pas avoir à se poser… Mais bon, les clous de cercueil sont de plus fidèles et terribles compagnons qu’on ne pouvait le supposer en tirant son premier taf. Dans ma quête d’informations pour trouver la voie du repentir et un air enfin pur, je suis un jour tombé sur le livre de Robert Molimard « La fume ». Voilà plus de 25 ans que ce professeur de médecine se consacre à la recherche sur le tabac. Ses prises de position originales, hors du discours conventionnel battent en brèche pas mal d’idées reçues (le tabac n’est pas une drogue, faire du sport ne sert à rien, arrêter de fumer n’est pas une histoire de volonté mais de conflit entre nos trois cerveaux – oui trois !). Autant de théories déculpabilisantes, lesquelles, au final donnera du grain à moudre à tous les accrocs à quoi que ce soit. Indispensable. P.C.

 

Impuretés
Philippe Djian (Galimard, 347 pages, 18,50 euros)

L’univers de Philippe Djian ne s’encombre pas de géographie, ni de frontières d’ailleurs. Avec lui, on ne sait jamais où l’on se trouve. La part belle à notre imaginaire, en fait. Dans « Impuretés », il nous entraîne sur les hauteurs d’une colline où tout n’est que luxe et apparence. En ces lieux qui en ferait rêver beaucoup, (sur)vivent quelques familles dont l’existence désabusée et rance ne trouve un semblant d’apaisement qu’à l’heure où se ferment les volets électriques de leur villas ; dans des rêves anesthésiés. Evy, un jeune garçon d’une quinzaine d’années, qui un matin assista à la noyade de sa grande sœur – a-t-il été seulement spectateur de ce drame ?- , évolue dans cet univers doré mais quasi carcéral où rien ne tourne rond. Son mystère résonne dans toute la contrée. Il ne parle pas et croit l’amour platonique la seule bonne raison valable qui l’empêche d’aller voir au ciel s’il y est.
Autour de lui ce n’est pas mieux… Son père a beaucoup écrit et avec succès jusqu’à sa chute dans l’alcool, sa mère actrice en éternel devenir est en recherche permanente d’un espoir de renouveau en celluloïd. Quant à ses copains, il y a ceux qui l’aiment sans rien demander et ceux qui par son entremise garde l’image de sa sœur. Djian ne nous évite rien de la déchéance et de la « déjanterie » de cette tribu, ses malentendus, ses malaises existentiels et ses amours trempés dans l’eau croupie du marais. C’est leur monde tel qu’ils le vivent. Mais il le fait avec un humour corrosif et un réel attachement pour ses personnages, comme s’il connaissait par cœur ces gens-là et qu’au fond, il se refusait à les juger. P.C.

 

Les âmes grises
Philippe Claudel – Editions Stock, 2003, 284 pages – prix Renaudot

Ah, cela faisait longtemps que je n’avais pas lu un aussi bon roman, très bien écrit. Ca fait du bien !
Bon, c’est sûr, « les âmes grises » est un livre à proscrire si l’on déprime. Mais c’est avec beaucoup de justesse que Philippe Claudel nous emmène au cœur des hommes. Dans leur âme. Personne n’est blanc, personne n’est noir, nous ne sommes ni vraiment mauvais, ni vraiment bons… L’histoire du livre se passe dans un petit village en France, durant la première guerre mondiale. Cette guerre n’est pas le sujet principal, néanmoins ce bruit de fond semble en adéquation avec les hommes et leurs propres guerres intérieures. Un homme nous raconte une partie de sa vie, marquée par l’histoire d’un crime. Une fillette de 10 ans est retrouvée étranglée dans le village, et l’on cherche le coupable. Que s’est-il réellement passé ? Faut-il croire l’enquête officielle menée par le grossier et insupportable juge Mierck et son acolyte Matziev ? Ou Joséphine, la vendeuse de peaux de lapins ? Ou peut-être le coupable était un des nombreux blessés de guerre qui a perdu la tête, zonant dans la ville ? Avec beaucoup de profondeur et de caractère humain, cet homme nous délivre ces pensées, comme pour se libérer de cette Affaire. C.H.

 

 

> MARS / AVRIL 2005

TCHETCHENIE : UNE AFFAIRE INTERIEURE ?
Russes et Tchétchènes dans l'étau de la guerre
de Anne Le Huérou, Aude Merlin, Amandine Regamey et Silvia Serrano (éditions Autrement, 168 pages, 14,95 €)

Le conflit terriblement meurtrier qui déchire la Tchétchénie depuis dix ans se déroule aux portes de l'Europe. Seuls des évènements spectaculaires comme la prise d'otages de Beslan en septembre 2004 parviennent un temps à faire sortir cette guerre de l'oubli. De cet oubli mêlé au drame naissent de nombreuses perceptions biaisées de la Tchétchénie, alors que les réactions de la communauté internationale sont marquées par un silence assourdissant.
Cet ouvrage, à quatre voix féminines, répond à de nombreuses interrogations sur les racines profondes de ce conflit souvent perçu comme un simple séparatisme, voire du terrorisme. Quelle est la genèse du projet indépendantiste apparu en 1991 suite à la chute du mur ? Quelles sont les caractéristiques de l'identité tchétchène ? La région du Caucase est-elle une zone tampon entre les deux anciens blocs, russe et américain ? Le drame de cette guerre réside dans le huis clos étouffant où se trouvent réunis Tchétchènes et Russes, avec leur histoire et leurs relations singulières. Un vase clos qui rend d'autant plus douteuse la rhétorique de Poutine consistant à faire du front de la Tchétchénie la lutte contre le terrorisme islamiste mondialisé, pour rester maître chez lui. J.M.


LIBELLULE
Didier Jean & Zad (L'Atelier du Poisson Soluble, 40 pages, 15 €)

"Quelle chaleur ! Je m’assois à la table d’un café sur la place du marché. Comme autrefois, des filles et des garçons jouent à l’ombre des platanes. 1... 2... 3... soleil ! Leurs mèches en bataille un instant suspendues, les enfants font statue et dans le silence, une petite mélodie se glisse jusqu’à moi. La musique, les rires, le soleil, la place, tout me ramène des années en arrière. Soudain, je me souviens… Elle s’appelait Libellule."
Cette libellule n'annonce pas encore le printemps mais un nouvel album de Didier Jean et Zad. Cet album est né du désir d'inventer une histoire liant une vingtaine de tableaux de Zad issus de la série "Jeux d'enfance". A partir de 5 / 6 ans mais s'adresse également aux plus grands.
J.M.

Da Vinci Code
Dan Brown – Editions JC Lattès, 2004, 574 pages

Si un roman est bien controversé, c’est celui-ci. Alors c’est du tout ou rien. Soit on aime et on le lit très rapidement (comme dans mon cas), soit on reste complètement indifférent (comme mon mari). Alors difficile de dire ce qu’il en sera pour vous ! Mais pour vous aider, voici quelques indications sur son contenu. Ce livre est tout d’abord un roman, donc histoire fictive, qui s’inspire de l’histoire de l’art et de l’histoire de la religion catholique basée sur le St Graal. Jacques Saunière, conservateur en chef du musée du Louvre vient d’être assassiné. Mais avant de mourir, celui-ci a procédé à une très étrange mise en scène… Mené comme une enquête, le récit se base au départ sur trois personnages principaux : Robert Langdon, éminent spécialiste de symbiologie de Harvard, Sophie Neveu, inspectrice en cryptologie et le commissaire Bézu Fache de la Police judiciaire. A force de recherches, beaucoup de secrets vont être enfin mis à jour… Je ne peux vous en dire beaucoup plus afin de vous garder la curiosité de lire ce roman. Mon avis personnel : j’ai beaucoup aimé lire ce récit. Le suspense se ressent du début à la fin et l’on veut toujours en savoir plus. En revanche, la chute n’est pas extraordinaire. Mais je reste sur un avis positif car il m’a donné l’envie de le relire et de me renseigner sur les sujets abordés.
A titre indicatif, le film « The Da Vinci Code » va sortir en France le 17 Mai 2006 (d’après le site de CineMovies). Réalisé par Ron Howard (La rançon, Willow, Appolo 13), il aura pour acteurs principaux Tom Hanks, Jean Réno et Audrey Tautou. C.H.

http://www.danbrown.com ; http://www.thedavincicode.com

 

> JANVIER / FEVRIER 2005

La Grande Ile
Christian Signol (Albin Michel, 231 pages, 17 euros)

Autant le dire tout de suite : nous n’étions pas jusqu’à aujourd’hui vraiment passionnés par l’œuvre de l’homme qui aimait tant la Dordogne. Et pourtant… Lu d’une traite, son dernier roman nous trotte encore dans la tête quelques jours après en avoir terminé avec lui. « La Grande Ile » raconte l’histoire, sur plusieurs décennies, d’une famille de cinq personnes, trois enfants et leurs parents, vivant isolés et pauvres, quelque part au bord de la Dordogne. Un refuge de poésie et de tendresse pour Bastien, Baptiste et Paule qui ne connaîtront rien, durant leur enfance, du monde extérieur. L’eau et l’ile de la rivière sont leur seul terrain de jeu et de découverte… une sorte de paradis. Mais ce lieu préservé du monde, ignorant des soubressauts qui secouent l’Europe à la veille de la guerre de 40, ne saura pourtant sauvegarder le bonheur de cette famille unie.
Au fil des pages, en phrases courtes et sensibles, sans illuminures inutiles ni larmoiements, Christian Signol nous entraîne sur les pas de Bastien, fils aîné et narrateur de ce long cri d’amour lancé au temps qui passe, aux désenchantements de l’adulte qui succèdent aux premières émotions remplies d’espoir de l’enfance. Nostalgie, quand tu nous tiens… on aime la Dordogne. P.C.

Val Paradis
Alain Jaubert (L’Infini-Gallimard, 436 pages, 22,50 euros)

Un jeune marin fait escale à Valparaiso au bout des années 50. Port mythique, célèbre auprès de tous les gens de mer pour ses légendes, ses chansons, mais aussi ses bordels et ses ruelles crasseuses, cette ville est aussi un piège, un bout de monde où l’exil et l’esprit d’aventure sont poussés à l’extrème.
Alain Jaubert signe là son premier roman. Journaliste scientifique, auteur de la série « Palettes » diffusée sur Arte, il fut aussi marin. Ce dont on ne doute pas un instant à la lecture de cet ouvrage dense et écrit serré. A la manière d’un Simenon qui connaîtrait vraiment la mer, l’auteur a le don de dépeindre atmosphère et sensations que doivent vivre les hommes qui ont choisi de naviguer. Et quand ils descendent à terre, c’est pour marcher, marcher toujours, avancer coûte que coûte, pour retrouver un équilibre perdu par des jours de mer. Et, au bout des quais, de ces escales en pays de la soif, l’aventure est là, qu’il faut absorber jusqu’à en oublier la grande bleue… P.C.

Le Sourire Etrusque
José Luis Sampedro – Editions Métailié, 1997, 319 pages

Salvatore, vieux paysan au caractère bourru et prononcé, quitte sa Calabre natale pour venir se faire soigner à Milan, qu’il exècre comme toutes les grandes villes. Accueilli chez son fils et sa belle-fille, il rejette par principe tout ce qui est citadin, froid et insipide, c'est-à-dire tout de la vie courante milanaise. Ca ne vaudra jamais les odeurs, les goûts, les couleurs bien plus intenses de la Calabre ! Heureusement, son petit-fils est là, Bruno, son Brunettino… Un petit bout de treize mois que Salvatore, va apprendre à connaître, à couver et à aimer. Toute la rudesse du personnage fond face à l’innocence de Brunettino, à la joie de ses petits progrès dont Salvatore se gorge de fierté. Ce qui est intéressant dans ce livre, ce sont les personnages, les contrastes, et les émotions qui ressortent de cette histoire. C’est un livre vraiment agréable à lire. C.H.

 

> NOVEMBRE / DECMBRE 2004

Suite française
par Irène Némirovsky (Denoël). Prix Renaudot 2004.

Ecrivain français d’origine juive ukrainienne, Irène Némirovsky naît en 1903 à Kiev. Fuyant la Révolution russe avec sa famille, la jeune fille s’exile à Paris où elle rencontrera un grand succès en 1929 avec son roman "David Golder". Cosmopolite et brillante, encensée par la critique, amie de Kessel et Cocteau, cette figure littéraire de l’entre-deux-guerres vit le drame de l’exode avant de se réfugier et de se cacher dans un petit village du Morvan. Arrêtée, puis déportée, elle succombe à Auschwitz en 1942 et laisse deux fillettes : Denise et Elizabeth, qui perdront aussi leur père en déportation. Agée13 ans lors de l’arrestation de sa mère, Denise Epstein, sa fille aînée, réussit à sauver des Allemands les manuscrits qui se trouvaient dans sa valise et les conserve précieusement, des années durant, rassemblant les notes éparses d’Irène Némirovsky. Après les avoir patiemment retranscrits, elle décide aujourd’hui de publier ces inédits exceptionnels : premiers volumes d’un vaste projet intitulé "Suite française". Véritable « comédie humaine » où l’on retrouve d’un récit à l’autre les mêmes personnages, cette tétralogie écrite dans le feu de l’Histoire est un témoignage bouleversant, intimiste et implacable sur la France et les Français pendant
l’Occupation. S’ouvrant par "Tempête en juin" et "Dolce", elle demeure inachevée : rattrapée par ces événements qu’elle vivait et décrivait en direct, Irène Némirovsky est morte avant d’avoir pu donner le jour aux volumes suivants : « La Bataille et La Libération ». P.C.

Tristano meurt
par Antonio Tabucchi (Gallimard).

À l'automne de sa vie, Tristano fait venir à son chevet un écrivain qui semble s'être inspiré autrefois de lui pour un roman. Celui qui a combattu, dans sa jeunesse, pour la liberté de son pays, l'Italie, entreprend de recomposer son passé et brosse, ce faisant, la fresque bigarrée de soixante ans d'histoire italienne. Affaibli par la gangrène et les céphalées, par les insomnies et les accès de mauvaise humeur, il entend témoigner. Car si le monde est fait d'actes, d'actions, ces actions ont besoin pour rester de paroles qui continuent à les faire être et en portent témoignage. « Le verbe n'est pas au commencement, il est à la fin, l'écrivain. Mais qui témoigne pour le témoin ? C'est le problème, personne ne témoigne pour le témoin… » Le pacte proposé par Tristano est simple : il raconte à l'écrivain ce que ce dernier veut entendre, l'autre écrit. D'un côté des paroles vivantes, « des sons faits d'air », de l'autre l'écriture qui fixe le temps ressuscité.

Dans ce roman testamentaire où s'entrecroisent les thèmes de l'héroïsme, de la lâcheté, du courage et de la trahison, Antonio Tabucchi interroge l'écriture et la vie. Chacun ne doit-il pas emporter sa vie, sa vraie vie, celle que l'on vit à l'intérieur, dans sa tombe ? « Il est bien suffisant de laisser aux autres la vie qu'on vit à l'extérieur, elle est déjà si évidente, elle en impose tant. (La Fnac)

Kind of black – Nouvelles noires pour Souillac en jazz
édité par l’Association pour le Festival Sim Copans) (106 pages, 8 euros)

Qui ne connaît pas le Festival de jazz Sim Copans de Souillac, qui se déroule chaque été au mois de juillet, présente un grave trouble culturel… Excitant, innovant, convivial et expert, ce rendez-vous fait swinger le Lot et sa région depuis maintenant une trentaine d’années. Parmi les membres organisateurs Stéphanie Benson, auteur de polars. Cette dernière a décidé de réunir autour d’elle sept auteurs pour la réalisation d’un recueil d’inédits… noirs, évidemment.
Une belle idée qui lie le noir à la croche, la blanche aux mots, le jazz à son pendant contemporain le roman noir. Bref, une centaine de pages – illustrées par des photos de Bernard Delfraissy – qui offre au Festival de jazz de Souillac, une complémentarité originale. P.C.

On peut commander ce livre en téléchargeant le bulletin d’inscription sur le site http://www.souillacenjazz.net

 

 

> SEPTEMBRE / OCTOBRE 2004

Pour oublier une rentrée littéraire étouffante (661 nouveaux romans) - les libraires en deviennent fous à lier – retour sur quelques valeurs sûres sorties hier, voir avant-hier et, qui plus est, la plupart en poche.

Leurre de vérité
par Didier Daeninks (folio 2 euros, 110 pages).

La collection Folio à 2 euros est une véritable aubaine. Il faut rendre hommages à celles ou ceux qui ont eu la géniale idée de (re)sortir ces nouvelles d’auteurs aussi divers que Faulkner, Jonquet, Simmons, Miller (j’en oublie, bien sûr) ou Daenincks.
Didier Daeninks qui avec « Leurre de vérité » nous en assène quelques-unes sur le petit monde rabougri, mais tellement prétentieux, de la télévision. Il s’en donne ici à cœur joie maniant ironie et férocité comme autant de balles tirées dans le poste. P.C.

Moisson noire
Sélection de Donald Westlake ( Rivages/noir poche, 619 pages, 9,50 euros).

Ce gros livre aujourd’hui édité en poche a inauguré voilà quelque temps une série que tous les amateurs de polars connaissent nécessairement « Moisson noire ». Otto Penzler, éditeur américain a eu l’idée de demander chaque année à un auteur célèbre de sélectionner plusieurs textes qu’il a aimé chez ses confrères. Donald Westlake, géant parmi les géants du roman noir – et ils sont finalement assez peu - fut le premier à se lancer. Résultat : avec cette première édition, vous avez entre les mains, une série de nouvelles éclectiques et originales écrites par des auteurs d’horizon très divers. Donald Westlake qui dans sa préface écrit : « une nouvelle réussie est un joyau miniature, aussi concis et soigneusement ciselé qu’une jolie montre, tout en étant vivant ». Il a raison. P.C.

Le démon dans ma peau
par Jim Thompson (Folio policier, 219 pages)

Le titre de cet ouvrage est en fait celui de la première nouvelle de ce recueil signé James Crumley. Une histoire délirante qui, en quelques pages, impose le talent de cet écrivain américain contemporain. Proche par le style de Jim Harrisson, une écriture à la fois rude et très humaniste, Crumley est aussi à l’aise dans l’histoire noire que dans l’évocation de ses souvenirs
. P.C.

L’assassin de papa
par Donald Westlake ( folio policier, 249 pages)

Quand papa meurt, on se rend compte qu’il n’a pas été l’homme que l’on croyait. Quand, en plus, on perd un œil à cause de lui, on cherche à savoir. Quitte à y laisser la peau, celle de son frère ou de sa belle-sœur. Donald Westlake manie le roman noir en y infusant un humour enchanteur. Du polar à l’ancienne, sans esbroufe où les méchants sont très méchants… La seule différence toutefois, ici les héros n’ont rien à leur envier
. P.C.
Le manoir des immortelles
par Thierry Jonquet (Folio policier, 164 pages).

Thierry Jonquet s’est affirmé depuis longtemps comme l’un des auteurs de romans noirs les plus doués de sa génération. A l’instar de Daeninks, Vargas, Aubert et quelques autres, il pousse le genre dans ses derniers retranchements, n’hésitant pas à titiller la chose politique ni à taper là où ça fait mal.
P.C.
Couleur du temps
par Françoise Chandernagor (Gallimard, 156 pages, 13 euros).

Le titre laisse perplexe tant il est anodin. Pourtant, derrière lui, se cache un fulgurant roman. Une sorte de météorite dans l’univers riquiqui de la littérature hexagonale. Pas de longues phrases, pas de psychologie à l’emporte-pièce, pas de romantisme de beaux quartiers… juste l’histoire d’un peintre, un petit maître du siècle des lumières, qui toute sa vie peint le même tableau : un portrait de famille qu’il ne cesse de retoucher, de faire évoluer, changeant les personnages de place, les effaçant parfois… L’œuvre d’une vie, sa vie… puisque c’est sa propre famille qu’il tente de poser sur la toile. Et la couleur d’une robe qu’il cherchera longtemps, désespérément, la fameuse couleur du temps. Un conte éclatant de beauté.
P.C.
La chambre
par Françoise Chandernagor (Folio, 457 pages).

Un événement tragique et pathétique de la révolution française permet à Françoise Chandernagor de nous livrer une réflexion intimiste sur la barbarie coutumière, insidieuse et implacable, des périodes troublées de l'histoire.
Une histoire dans le grande Histoire : celle d’un enfant enfermé dans une prison. Un enfant que l’on a puni et qui ne sait pas pourquoi. Un enfant seul, abandonné, qui attend, qui mourra dans sa geôle. Il s’appelait Louis XVII (Versailles, 27/03/1785, Paris, 8/06/1795 ?).
P.C.
Le bandit mexicain et le cochon
par James Crumley ( Série noire Gallimard, 216 pages, 6,90 euros).

Le titre de cet ouvrage est en fait celui de la première nouvelle de ce recueil signé James Crumley. Une histoire délirante qui, en quelques pages, impose le talent de cet écrivain américain contemporain. Proche par le style de Jim Harrisson, une écriture à la fois rude et très humaniste, Crumley est aussi à l’aise dans l’histoire noire que dans l’évocation de ses souvenirs.
P.C.

> JUILLET/AOÛT 2004

Los Angeles River
par Michael Connelly (Seuil, 368 pages, 21 euros)

Harry Bosh est de retour. Le plus cérébral flic de Los Angeles, pourtant à la retraite, accepte de replonger dans les eaux troubles de la cité des anges. Il le fait pour une amie, la veuve d’un autre flic que les amateurs de Michael Connelly, connaissent bien, Mc Caleb, celui-là même qui fut le héros de « Créance de sang » et le personnage principal du film du même nom qu’incarna Clint Estwood – amusé, Connelly y fait même allusion, entre fiction et réalité, il ne choisit plus.
« Los Angeles River », c’est aussi le retour d’un serial killer cher à l’auteur et à ses lecteurs, un certain Poète…
Du grand, du très grand Connelly, lequel cerne au plus près l’intrigue et restitue merveilleusement la violence et les douleurs d’un monde en putréfaction, les méandres psychologiques d’un Harry Bosch pas toujours au mieux de sa forme, mais tenace et obstiné face à toutes les adversités du monde. Et il y en a… P.C.

Votre avis...

Disparu à jamais
par Harlan Coben (Pocket, 468 pages).

Vous ne connaissez pas Harlan Coben ? Précipitez-vous sur quatrième roman, véritable synthèse de l’art de cet auteur de thriller américain.
L’histoire se passe à New-York. Will Klein a un frère. Accusé onze ans plus tôt d’avoir violé et tué une jeune fille, celui-ci semble vouloir faire reparler de lui. Will va se rendre compte que les deux êtres les plus chers à son cœur sont peut-être ceux qu’il connaît le moins.
Avec une maîtrise absolument stupéfiante, Coben entraîne le lecteur dans une histoire vertigineuse dans laquelle la plupart des protagonistes ne son pas ce qu’ils disent être, n’agissent pas comme on le voudrait. Coben tend des pièges, dans une langue sèche et rapide, dans lesquels on bute avec plaisir et effroi. P.C.

Votre avis...

Petits romans noirs irlandais
Collectif (Rivages/Noir, 343 pages, 9 euros)

Cette anthologie de 18 nouvelles policières, pour la plupart inédites, réunit les plus grands écrivains irlandais : James Joyce, William Trevor, Liam O’Flaherty, Elisabeth Bowen, Peter Cheney…
Crimes passionnels, histoires de détectives, meurtres et cambriolages sont illustrés ici par des textes allusifs, cruels, humoristiques, poétiques ou parfois tragiques qui devraient réjouir les amateurs de curiosités. P.C.

Votre avis...

Gustave Courbet, peintre de la liberté
par Michel Ragon (Fayard, 457 pages, 23 euros)

La liberté, tel est bien l’horizon du peintre le plus fougueux et le plus anticonformiste du XIXe siècle français. Fils de cultivateur franc-comtois, Gustave Courbet place sa vie sous le signe du scandale. Il choque avec ses nus réalistes et ses peintures du peuple. Il peint ce qu’on ne montre pas à cette époque-là.
Michel Ragon, grand conteur et spécialiste de l’histoire de l’art, nous raconte ici l’histoire passionnante de l’un des plus grands mythes français du XIXe siècle. Où l’on croise aussi Baudelaire, Delacroix, Ingres, Corot, Manet et d’autres. Une biographie riche, dense et vraie sur l’auteur de « L’origine du monde »
. P.C.

Votre avis...

> JUIN 2004

Jack l’éventreur Affaire classée
par Patricia Cornwell (Livre de poche, 569 pages, 8 euros)

Walter Richard Sickert est Jack l’éventreur. Patricia Cornwell, auteur de polars le prouve et, au fil des pages de ce passionnant rapport, on n’en doute plus. Intrigué par la personnalité trouble de ce peintre impressionniste célèbre en son temps – il était intime de Degas - et aujourd’hui présent dans tous les musées du monde, Cornwell a passé de long mois à réunir suffisamment de preuves autant scientifiques que criminelles pour en arriver à pointer du doigt les insuffisances de l’enquête à l’époque et l’incroyable intelligence de celui qui se faisait appeler Jack the Ripper.
Grâce à sa connaissance des enquêtes criminelles, son passé de médecin-légiste et une énorme documentation réunie au fil des mois, Patricia Cornwell reconstitue l’arrière-plan de cette sinistre affaire, l’Angleterre à l’époque victorienne. Incontournable. P.C.

Votre avis...

> MAI 2004

Ensemble, c’est tout
Anna Gavalda, Ed le dilettante (604 pages, 22 €)

Attention, quand on commence le dernier livre d’Anna Gavalda, on ne le lâche plus ! La romancière nous avait déjà séduits(es) avec ses nouvelles actuelles dans « Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part ». Avec « Ensemble, c’est tout », elle passe à la vitesse supérieure en entraînant les lecteurs dans un tendre conte contemporain aux personnages (trop) attachants. Les 600 pages du roman, au style « courtes phrases et profusion de dialogues », se dévorent très vite. Un peu trop vite tellement on se sent bien dans cette histoire. Une histoire où tout le monde trouve une petite part de la sienne.
Sans dévoiler le contenu, « Ensemble, c’est tout » raconte la rencontre entre Camille, jeune fille pommée, femme de ménage et artiste, Philibert, jeune aristo perdu entre l’histoire de sa noble famille et le monde actuel, Franck, cuistot bourru et inculte au cœur tendre, et Paulette, mamie en fin de vie… Quatre personnages remplis de doutes, à la recherche d’identité, et bien sûr d’amour ! Ca peut paraître naïf comme ça, mais la sauce prend et le livre est un vrai petit bonheur. Kris.

Votre avis...

Ce sont des chiens qui dirigent les cieux
James Ellory – Destination morgue (Rivages/Thriller – 289p, 19,50 euros)

C’est l’histoire vraie d’un mec passablement taré, drogué, réactionnaire, obsédé de sexe et de mort, bref le genre de type que l’on n’aimerait pas croiser la nuit, dans une ruelle déserte. Pourtant cette jeunesse tonitruante, en clair très très obscure, racontée en un recueil de plusieurs nouvelles, se trouve être celle de James Ellroy, l’un des plus grands écrivains, voire le plus important, de la littérature américaine. Et, même si l’on se promène couvert au fil de ces pages rouge sang, si l’évocation de crimes sexuels, de morts sans laisser d’adresse, de sexe sans contact, d’écœurement au ras du bitume dans cette Amérique donne mauvais goût dans la bouche, on ne lâche pas ce style coup de poing. On ne lâche pas cette hargne de raconter sa propre vie sur le mode tordu, sans rien cacher de ce qui fut et qui n’explique pas nécessairement ce qu’est devenu l’auteur. Ellroy, encore une fois, nous entraîne dans son enfer personnel, dans les rues d’une Amérique jamais aussi vivante que lorsqu’ elle est à la recherche de ses absences, de ses désirs, de ces morts… P.C.

Votre avis...

Rien de grave
Justine Lévy – Ed Stock (195 P, 15,55 €)

Quelqu’un m’a dit qu’il s’agit d’une histoire vraie romancée où les rôles principaux sont tenues par la narratrice Justine Lévy alias Louise, un mannequin devenu chanteuse alias Paula et de quatre consonnes et trois voyelles devenus Adrien dans le roman. Rien de grave pourrait tout aussi bien finir en scénario d’un film nouvelle vague qui met en avant un duo amoureux qui va finir en trio et bientôt en quatuor. Un livre où les personnages se lient et se délient, des petites histoires dans l’histoire qui éclaboussent sur les sentiments et génèrent des ressentiments, l’écriture comme une tentative de guérison. « La vie est un brouillon, finalement. Chaque histoire est le brouillon de la prochaine, on rature, on rature, et quand c’est à peu près propre et sans coquilles, c’est fini, on n’a plus qu’à partir, c’est pour ça que la vie est longue. Rien de grave». Justine Lévy s’affirme aussi comme une plume talentueuse qui devrait encore se bonifier avec le temps. Un style poignant et une écriture raffinée. «Bien sûr, je ne l’aime pas. Je me dis que je ne l’aimerai jamais, quoi qu’il fasse, quoi qu’il dise, parce que l’amour est atroce, parce que l’amour cesse toujours un jour et que je ne veux plus vivre, jamais, la mort de l’amour. Je ne suis pas assez solide, je me dis, pas assez courageuse, pas assez suicidaire. Je déteste l’amour, je me répète, Adrien m’a définitivement guérie de l’amour. L’amour est toujours moche, grotesque, pitoyable, pouah, comment est-ce qu’ils peuvent tous répéter que Belle du Seigneur est un grand roman d’amour alors que c’est juste le contraire, et que ça montre combien l’amour est affreux ? Mais enfin il arrive, Pablo. Il débarque dans ma vie de petit monstre énervé, et c’est vrai qu’il me plaît. Il me plaît plus qu’un jean, plus qu’une chanson, plus que je ne veux l’admettre, il me plaît malgré le verrouillage à double tour et c’est, quand même le risque de l’amour. Est-ce que j’ai envie de le prendre, ce risque ?» F.P.

Site internet : www.editions-stock.fr
Du même auteur Le Rendez-vous (Plon, 1995)

Votre avis...

> AVRIL 2004

LE PIRE DES MONDES
Ann Scott – Ed Flammarion (196 pages, 16 €)

Dans Le meilleur des mondes, Aldous Huxley parlait du futur. Le pire des mondes, lui, est bien présent. Dans ce nouveau roman, Ann Scott nous fait partager le quotidien d’un publicitaire parisien qui travaille à domicile grâce au système du télé-travail, qui possède une Porsche 993 et qui court à perdre haleine sur les traces d’une star de cinéma, ou tout du moins après une actrice d’origine asiatique fantasmée. Tout au long de ce livre qui dépeint admirablement notre société contemporaine, Ann Scott met aussi le doigt sur les difficultés de vivre dans le monde d’aujourd’hui, corrompu par la publicité, la virtualité, l’internet et le règne de la société de consommation. Comme il est de coutume aujourd’hui, le personnage central de cette histoire est en quête d’une histoire inaccessible alors que le bonheur se trouve peut-être à sa porte. «Je ne comprends pas, commença-t-elle. Tu ne sais rien d’elle. Tu sens des choses qu’elle dégage, mais c’est pas suffisant. Tu penses qu’elle serait parfaite pour toi, mais rien ne dit que tu serais parfait pour elle. Tu pense que tu as besoin d’elle, mais elle, jusqu’à preuve du contraire, elle n’a pas besoin de toi. Si tu as vraiment un truc pour le japon, pars t’installer là-bas. Tu croiseras une fille dans la rue et ce sera normal. Mais en même temps, je ne vois pas. Tu détestes la foule, tu détestes la discipline, tu détesterais être là-bas.». Si le cinéma britannique de Mike Leigh et de Ken Loach illustre avec exactitude les conditions de vie de la classe ouvrière outre-manche, Ann Scott nous dresse un portrait très fidèle de l’univers des «bobos» d’aujourd’hui. Une critique acerbe et désenchantée d’un monde à peine né et déjà moribond. F.P.

Site internet : www.editions.flammarion.com

Du même auteur : Asphysie (j’ai Lu, 1998), Superstars (Flammarion 2000 ; J’ai Lu, 2002) et Poussières d’Anges (Librio, 2002)

Votre avis...

DES POUPEES ET DES ANGES
Nora Hamdi – Ed Au Diable Vauvert (211 P – 17 €)

Ce premier roman de Nora Hamdi nous permet de mieux découvrir le quotidien d’une famille d’origine Kabyle. Le père a la fâcheuse tendance de lever la main sur sa femme, merveilleuse fée du logis, et de faire preuve d’autorité sur ses trois filles : Lya, la narratrice, Chirine, la starlette en devenir et Inès, la cadette. Ce livre est une sorte de journal intime qui témoigne de la difficulté d’être une adolescente aujourd’hui, étape essentielle de la vie d’une personne, qui se complique encore plus, si vous êtes une jeune «beurette». En parcourant ce livre très attachant, vous pourrez aussi faire votre introspection et peut-être vous forger une autre opinion sur le fait d’être une jeune femme musulmane dans notre société contemporaine. F.P.

Biographie :
Nora Hamdi a quitté la banlieue pour une formation de plasticienne en cours du soir aux beaux-arts à Paris. Puis elle a adhéré au mouvement des graffitis en bombant des fresques, tout en évoluant dans le milieu des fanzines. Elle s'est ensuite entièrement consacrée à la peinture pour s’intégrer au monde des galeries en exposant ses toiles (Palais royal, galerie Avivson, café What’s up…). Son travail était basé sur les mots, les calligraphies, les écritures et les symboles du monde entier.
Il y a quatre ans, elle a réalisé deux courts-métrages, « Petits ensembles au bout de la nuit », et « La danse dans le noir ».
Bibliographie :
Trois Étoiles, (BD)avec Virginie Despentes, Au diable vauvert, 2002.

Site internet : www.audiable.com

Votre avis...

> MARS 2004

Le monument
Claude Duneton – Ed. Balland ( 520p, 20 euros)

Avec ce 20e livre, Claude Duneton redonne vie aux 27 jeunes hommes morts pour la France durant la Grande guerre. Vingt-sept noms inscrits sur le monument aux morts de Lagleygeolle, son village natal. « Un roman vrai » bouleversant sur la terre de Corrèze et celles meutrières qui virent souffrir et mourir des millions d’hommes. . P.C.

Votre avis...

Le carnaval des loups
Jean-paul Malaval – Ed. Presses de la Cité ( 332p. 18,90 euros)

En 1765, le haut pays du Gévaudan est ensorcelé par la peur. Une bête faramineuse sème la mort, jour après jour, sans que rien ne puisse interrompre ses crimes. Jean-Paul Malaval revisite une légende intemporelle, entre Auvergne et Marguerie. Un «thriller historique». P.C.

Votre avis...

 

Folio 2 euros

Voilà une collection qui fait du bien… On dit nos concitoyens réfractaires à la nouvelle, que les éditeurs rechignent à publier de courts textes parce qu’ils ne se vendent pas. Dommageable pour qui aime la rigueur de ce genre littéraire et l’ouverture à l’imaginaire qu’il procure à coup sûr. La nouvelle collection éditée par Folio, à prix réduit, pourrait changer le cours des choses et redonner à la nouvelle ses lettres de noblesse : une série de classiques et de moins classiques, souvent inédits, d’ici et d’ailleurs, d’auteurs connus et d’autres moins, en tout cas toujours des nouvelles peu connues qu’il fallait remettre au goût des lecteurs avides de nouveautés. Au choix, on trouve dans cette collection : Apollinaire (cru), Aragon, Blixen, Conrad, Daeninckx, Dahl, Guibert,James, Kipling, Mishima, Sade, Verlaine. P.C

Votre avis...

TRASHMUSIC : L’ENVERS DU DECORUM D’UNE MAJOR DISCOGRAPHIQUE
CORINNE ROUSSET Ils ont changé ma chanson Editions Stock

Vous avez toujours voulu savoir comment fonctionne une maison de disque (chef de projet, direction artistique, production artistique, responsable marketing, coordination marketing, responsable promotion, coordination promotion, attachée de presse…) et vous rêvez encore de mettre votre connaissance encyclopédique du rock au service de cette industrie musicale, alors ce livre est (ou n’est peut-être pas) pour vous. Corinne Rousset, ancienne attachée de presse d’Universal (alias Julie de Trashmusic dans ce roman), nous (dé)livre ici, les secrets de ce monde d’apparat et de paillettes, bien loin des préoccupations artistiques que nous pourrions imaginer. De la même façon, elles nous ouvrent aussi les portes des coulisses de cet univers en pleine décadence. Même si, tout au long de son roman, Corinne Rousset fait référence à des artistes dont la notoriété et le talent artistique ne sont plus à démontrer comme Pulp, Bono, Alain Bashung, Christophe, David Bowie, Bjork, PJ Harvey ; elle invente aussi des pseudonymes comme Patrick Rassi, FYB, Pornidoles, MC Killah, ONF, Rivka, Emmanuel Morand pour mieux souligner certains artistes pré-fabriqués et de se protéger des différents procès qui pourraient lui être intenter… « Nous étions devenus LA maison de disques de référence des comédies musicales et en maîtrisions à merveille l’odieuse mécanique. Pour la réussite d’un tel projet, les éléments du mix étaient simples. Il suffisait de réunir un thème porteur assez épais (une histoire d’amour mythique, l’épopée d’un peuple légendaire, les aventures d’un héros intemporel), un compositeur émérite, ayant fait état de ses talents dans la composition de singles formatés jeune, c’est-à-dire prêts à consommer par tous les mômes écoutant les radios « jeunes », une sorte d’ingénieur–technicien du tube unanimement reconnu par la profession, capable d’en pondre un bonne demi-douzaine en un temps record et pour n’importe qui, et de préférence ignoble et imbu de sa personne afin de faire bénéficier le projet de l’ «aura de génie du compositeur».
Un roman cynique, tendre et lucide sur l’industrie discographique et à la fois, un témoignage sur un système qui fonctionne beaucoup plus au coup médiatique que sur la qualité artistique. F.P.

Votre avis...

> FEVRIER 2004

Le Paradis – Un peu plus loin
Mario Vargas Llosa – Editions Gallimard, 2003, 532 pages

Auteur péruvien, avec une trentaine d’œuvres déjà publiées, Mario Vargas Llosa nous met dans ce roman face à deux personnages hors du commun : Flora Tristan, ou Florita l’Andalouse, et Paul Gauguin, alias Koké le Maori. Flora, née en 1803, est la grand-mère maternelle de Paul. Mais ces deux personnages ne se sont pas connus en réalité. Ce qui les rapproche plus que tout, c’est leur quête d’un idéal, du paradis, chacun à leur manière. Flora Tristan, au retour d’un voyage au Pérou, va consacrer sa vie pour la révolution ouvrière, féministe et pacifiste. Paul Gauguin, quant à lui, va chercher son paradis artistique à Tahiti, afin d’y retrouver les hommes et la nature à l’état pur, plus sauvages, non déformés par les progrès. Ce roman nous permet de découvrir ces deux personnages atypiques qui vont lutter jusqu’au bout de leurs idées, jusqu’au bout de leur rêve. En bref, Mario Vargas Llosa tire de ces histoires vraies un roman qui est parfaitement maîtrisé (et qui donne envie de mieux connaître encore ces « héros »). C.H.

Votre avis...

 

Sur mon père
Tatiana Tolstoï – Editions ALLIA, Paris, 2003, 123 pages, 6,10 euros

Ce texte, publié initialement dans un numéro spécial de la revue Europe (n°67, Juillet 1928) à l’occasion du centenaire de la naissance de Léon Tolstoï, a été écrit par une des filles de L. Tolstoï. Dans ce petit livre, qui se lit en une ou deux soirées, Tatiana nous fait partager les relations d’amour et de discordes de ses parents, Léon Tolstoï et Sophie Bhers. A travers leurs journaux intimes et leurs correspondances, elle veut mettre à jour la vraie histoire, leurs vrais sentiments, afin de contrecarrer à sa manière les écrits parus donnant « un tableau faux des relations de mes parents entre eux ». Avec des mots simples, elle nous montre que ses parents se sont toujours aimés, mais se sont incompris sur la deuxième partie de leur vie commune. Finalement, ce livre nous montre qu’une fois de plus tout n’est pas si évident… C.H.

Votre avis...

 

Moisson noire 2003
Collectif - (Rivages thriller) 430 pages 21,95 euros

Chaque année un grand auteur de roman noir américain choisit les meilleurs nouvelles que ses compères en écriture glauques ont publié ici et là. Cette année, c'est James Ellroy qui s'y colle. L'auteur du Dhalia noir nous propose ainsi une vingtaine de nouvelles. "Bonnes nouvelles " qu'il estime être pour nous lecteurs comme "un sprint effréné vers la ligne d'arrivée, un verre d'alcool vidé cul sec".
En tout cas, qu'elles soient écrites par des nouveaux venus ou des calibres comme Michael Connely, Joyce Carol Oates ou Stuart Kaminski, ces nouvelles garantissent des émotions et des sensations qui perdureront longtemps. Certaines sont mêmes carrément mémorables. A lire sans modération. P.C

Votre avis...

Ma vie parmi les ombres
Richard Millet (629 pages, 24 euros)

Richard Millet est briviste. Il vit à Paris et travaille dans l'édition. Mais de tout temps son cœur est en Corrèze. Tous ses romans évoquent cela, le goût amer de la terre et des souvenirs d'enfance, dans une langue admirable, sûrement l'une des plus belles que l'on puisse lire aujourd'hui. Avec "Ma vie parmi les ombres", Millet raconte une nouvelle fois les hautes terres limousins, dans les années 60, quand il était enfant, ce monde rural qui est le sien. Ces "ombres" se réincarnent dans ces pages amples et profondes, des hommes et des femmes qui vivaient autour de lui et qu'il décide de faire revivre une ultime fois. P.C.

Votre avis...

> JANVIER 2004

Farrago
Yann Apperry - Ed. Grasset - 460 pages - 20 Euros (Prix Goncourt des Lycéens)

Bienvenue en Californie ! Pas celle du cinéma, des plages et du soleil, plutôt celle des bucherons, au coeur des années 70 : l'anti-thèse du rêve américain, l'Amérique oubliée et cachée. A Farrago, en Californie du Nord, il y a une épicerie, une église et son révérend, un bordel avec sa patronne et ses filles, un shérif, des collines et des figures locales... Notre guide pour ce voyage parmi les paumés, à la rencontre des descendants des pionners ou des esclaves noirs, est un des leurs. Homer Idlewide, vagabond professionnel et penseur sans répit au point de s'auto déclencher des migraines, nous promène dans son petit village, le centre de son monde, à la rencontre des ses meilleurs amis : Duke, un grand black illuminé qui a fait de la décharge municipale son royaume, Elijah qui passe le plus clai r de son temps à bougonner sur un tabouret dans sa cour et rêve d'ouvrir une forge pour fabriquer des boîtes en métal, Fausto le sage épicier... Au fil de leurs mésaventures, drôles ou tendres, se dessine l'hisoire entière d'un pays autant que celle des hommes. Toujours au bord du cliché sans y tomber, Homer dans son odysée nous pose pourtant une question essentielle sur le sens de la vie. Un Candide chez les Ricains pour le moins attanchant. On en redemande ! S.M.

Votre avis...


 

 

L’enfant Léopard
Daniel Picouly – Editions Grasset et Fasquelle, 1999, 400 pages – prix Renaudot

Le 16 Octobre 1793, Marie-Antoinette attend d’être guillotinée. A travers ce roman, Daniel Picouly nous conte les douze dernières heures avant l’exécution prévue de la reine de France. Entre La marmotte, un petit garçon de douze ans, qui s’est mis en tête de montrer à la reine son petit chien, ceux qui organisent un complot pour la libérer et ceux qui veulent respecter son dernier souhait (voir son fils « secret », l’enfant Léopard), l’auteur nous plonge dans un récit aussi bien historique, poétique que théâtral. Nous y retrouvons des personnages de couleurs, les soldats mokarex et un amour des mots qui forment une sorte de signature à la Daniel Picouly.
EN BREF : Roman historique et teinté de poésie. Excellent livre de chevet . C.H.

Le champ de Personne