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NOVEMBRE / DECEMBRE 2005
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Ensemble
c’est toute, Une vie française
Anna Gavalda - " Ensemble
c'est tout" (en poche)
Jean-Paul Dubois - "Une vie française" (en
poche)
Avec au moins un prix littéraire de retard, deux romans
qu’il faut absolument lire… histoire de se réconcilier
avec la littérature française. Que ce soit Anna
Gavalda avec " Ensemble c'est tout" ou Jean-Paul
Dubois pour "Une vie française", voilà
deux gros bouquins écrits dans une langue sans fioritures
ni nombrilisme et qui racontent de vraies histoires de vrais
gens.
Deux romans de grand souffle. Qui nous touchent aussi par
leur manière particulière de nous inviter dans
des vies à la fois imaginées et pourtant si
proches de nous... de nos réalités et de rêves.
P.C.
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Des
gens du milieu du monde
Des gens du milieu du monde
- Marc Boisseuil - Ed. Culture et Patrimoine en Limousin
Voilà un livre étonnant. Reçu au bureau,
il est resté posé là sans que personne
sans occupe vraiment. Le nom de la maison d'édition
"Culture et Patrimoine en Limousin" n'incitait pas
vraiment à l'aventure. Pourtant, la curiosité
aidant, on tente l'expérience. Et l'on plonge dans
un autre univers, celui des gens du milieu du monde. L'idée
est belle et pourrait séduire nombre de propriétaires
d'albums photos. Marc Boisseuil, l'auteur, descend d'une famille
enracinée en Limousin. Amateur de photographie, il
essaie, par la transmission du regard, l'audacieuse recomposition
d'une histoire imaginaire... celle de sa famille au travers
d'une quarantaine d'images issus de deux albums hérités
de ses ancêtres. Les textes sont écrits par autant
d'amis, lequels inventent une nouvelle manière de ragarder
ces clichés d'un autre âge.
Une belle démarche, celle d'un homme qui sait redonner
aux choses du passé le poids et la grâce du présent.
P.C.
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L’affaire
du Dalhia Noir
L’affaire du Dalhia
Noir – George Hodel (en poche)
Le 15 janvier 1947, le corps d'une femme est retrouvé
coupé en deux dans un terrain vague de Los Angeles.
Agée de vingt-deux ans, Elizabeth Short, le "Dahlia
Noir", a souffert le martyre avant de mourir. Quelques
jours plus tard, imitant Jack l'Éventreur, le tueur
lance à la police : "Attrapez-moi donc si vous
pouvez". Devenu un véritable mythe, ce meurtre,
comme bien d'autre, ne sera jamais résolu. Jusqu'au
jour où, cinquante ans plus tard, l'ex-inspecteur des
Homicides de L.A. Steve Hodel découvre une photo d'Elizabeth
dans un carnet de son père qui vient de mourir.
Que vient-elle faire là ?
Bouleversé, il reprend son travail de policier et,
comme le dit Michael Connelly, "voyage qui intrigue et
dérange à chaque pas", il se lance dans
un enquête "exhaustive et totalement convaincante.
Comme ce livre". Très ému, James Ellroy
déclarera à son tour : "J'étais
celui qui pose les questions. Il fut celui qui y répondit.
J'étais le sceptique. Il fut celui qui prouva".P.C.
La
suite sur cet excellent site : http://polarnoir.neuf.fr/Hodel/Hodel_dahlia_noir.htm
et surtout ici : http://www.pop-comm.com/blackdahlia/cadre.htm |
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SEPTEMBRE / OCTOBRE 2005
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Apprenti
"Apprenti" de
Pierre MAGNAN (Folio)
Drôle d’histoire, drôle de vie. A seize
ans, Pierre Magnan écrit Périple d’un
cachalot . Le livre ne sortira pas. A 24 ans, il publie son
premier roman L’aube insolite qui ne connaîtra
aucun succès. Alors, pour vivre, l’écrivain
de Manosque entre dans une société de transport
frigorifique où il restera jusqu’à son
licenciement économique en 1976. Jamais, pourtant il
n’a cessé d’écrire, mais ne publie
pas. Profitant de ses loisirs forcés, il écrit
et réussit à publier son premier roman policier
Le sang des Atrides, lequel connaîtra un succès
foudroyant. Comme tous les autres volumes mettant en scène
l’étonnant inspecteur Laviolette. Pierre Magnan
est aujourd’hui âgé de 83 ans et son Périple
d’un cachalot est devenu un classique. 83 ans, l’âge
de se souvenir et de faire partager une belle et dense existence
avec ce style si riche et intense qui caractérise toute
l’œuvre de Pierre Magnan. Pourtant cette vie commence
par un drame que l’auteur nous révèle
dans les pages d’Apprenti, un drame intime qui aujourd’hui
encore le fait souffrir. Il faut lire aussi ce livre comme
un témoignage vivant d’une autre époque
où l’homme valait encore quelque chose pour l’homme.
Il faut lire Pierre Magnan, ce livre mais aussi ses policiers
dont les intrigues vous tiennent jusqu’à la dernière
lignes - ce n’est nullement un cliché le concernant.
Enfin, il faut lire un auteur qui dans la courte bio qui accompagne
chacun de ses livres écrit « Il es apolitique,
asocial, atrabilaire, agnostique et, si l’on ose écrire
aphilosophique »… et donc nécessairement
digne de tout votre intérêt. P.C.
Mais aussi :
-La maison assassinée
-Les Courriers de la mort
-Le mystère de Séraphin Monge_
-Les secrets de Laviolette
-La Folie Forcalquier
-Le parme convient à Laviolette_-L'Occitane_
-Un monstre sacré
Tous ces romans et le reste de la bibliographie de
Pierre Magnan ont été publiés en poche
chez Folio.
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C’est
sale, mais tellement bon
Dirty Sally de Michael SIMON
(Flammarion)
Inspecteur de la criminelle à Austin, Texas, Dan reles
a beau être un dur, la mort de son meilleur ami et collègue,
Joe Velez, lui en a fichu un sacré coup. Mais personne
n’aurait l’idée de faire le rapprochement
avec l’assassinat d’une prostituée atrocement
mutilée et encore moins avec la mort accidentelle d’un
jeune militant des droits civiques écrasé par
un bus. Lui si, mais il lui faudra passer par les méandres
nauséabonds de l’hypocrisie humaine et politicienne.
Michael Simon, l’auteur de Dirty Sally est un nouveau
venu dans la grande famille du thriller américain,
mais ce premier volume est un coup de maître. Un style
tranché pour nous faire avalé quelques belles
pages magnifiquement terrifiantes.
Un maître du genre, James Ellroy, ne s’y est pas
trompé qui écrit : « Dirty Sally est tout
ce qu’on aime et ce que j’aime : un roman dense,
sombre et rugueux . La prose de Michael Simon est aussi saisissante
que ses personnages. ».
P.C.
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Du
côté des Francs maçons
Le rituel de l’ombre
d'Eric Giacometti et Jacques Ravenne (Fleuve Noir)
Mai 2005, Rome, Une archiviste du Grand Orient de France est
assassinée au Palais Farnèse, suivant un rituel
qui évoque la mort d’Hiram, fondateur légendaire
de la franc-maçonnerie. A Jérusalem, un archéologue
en possession d’une énigmatique pierre gravée
subit un sort similaire. Cette œuvre de fiction écrite
par le journaliste non maçon Eric Giacometti et Jacques
Ravenne, maître maçon, nous introduit dans les
coulisses d’une société réputée
secrète et apporte un éclairage étonnant
sur le IIIe Reich. P.C. |
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Alors
ce Houellebecq ?
La
possibilité d’une île
de Michel HOUELLEBECQ
Et bien voilà. Las de lire tout et n’importe quoi
dans la presse (un torchon illisible pour les uns, un chef d’œuvre
célinien pour les autres), las de se faire une idée
plutôt sombre de l’auteur selon que l’on lit
untel ou untel, voire l’auteur lui-même, las, enfin,
de se faire guider dans ses choix par une campagne média
terrifique (du Figaro au Inrock en passant par Frannce Dimanche
ou Libé)… on décide d’acheter La possibilité
d’une île et de se faire sa petite idée sur
le grand tralala de la rentrée littéraire, signé
Michel Houellebecq.
On ne vous parlera pas ici du contenu car lecture en cours oblige,
ce serait indécent. Toutefois, comment ne pas signaler
d’entrée que l’affaire semble intéressante
et mérite d’être poursuivie. Alors, Houellebecq
ou pas ? Pour ou contre bien au contraire !
Pour ce faire une idée on peut aussi consulter le site
houellebequien en diable puisque tenu par le Michel lui-même.
P.C.
http://homepage.mac.com/michelhouellebecq/Menu23.html
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Bosh
revient aux affaires
Deuil
intrdit de Michael
CONNELLY (Seuil)
Adolescent, Michael Connelly est témoin d’une agression
; il connaîtra même quelques soucis avec la police
qui, un temps le soupçonne. Cette histoire sera le déclencheur
de la passion de cet auteur né à Philadelphie
en 1957. Après dix ans de journalisme spécialisé
dans le crime, Michael Connelly s'est inspiré de la réalité
cruelle qu'il a côtoyé au cours de ses enquêtes
pour nourrir des œuvres de fiction d'un réalisme
troublant.
Dans son dernier roman paru il y a quelques semaines, son héros
récurrent, l'inspecteur Harry Bosch, revient aux affaires
; c’est-à-dire qu’après quelques mois
de retraite, il est appelé pour intégrer le service
des « affaires non élucidées ». En
l’occurrence, une affaire datant de 1968 : une jeune fille
de 16 ans, Becky Verloren, est enlevée chez elle, puis
retrouvée morte quelques jours plus tard. Elle a été
tuée d’une seule balle tirée en pleine poitrine.
Tout fait penser à un suicide et si les premiers enquêteurs
ont, eux, songé à un meurtre, personne n’a
jamais été arrêtée. A peine arrivé
dans son service, Bosh reçoit les résultats d’une
analyse ADN qui remet toute l’affaire en branle…
pour le plus grand plaisir du lecteur qui apprécie plus
que tout la perfection du style de Connelly, son talent pour
ficeler une intrigue et sa vision très dur de l’Amérique
contemporaine.P.C.
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MAI / JUIN 2005
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Smoking
or not smoking ?
"La Fume" de Robert
Molimard (Ed. SIDES, 261 pages- 21 euros)
Telle est la question que l’on ne devrait pas avoir
à se poser… Mais bon, les clous de cercueil sont
de plus fidèles et terribles compagnons qu’on
ne pouvait le supposer en tirant son premier taf. Dans ma
quête d’informations pour trouver la voie du repentir
et un air enfin pur, je suis un jour tombé sur le livre
de Robert Molimard « La fume ». Voilà plus
de 25 ans que ce professeur de médecine se consacre
à la recherche sur le tabac. Ses prises de position
originales, hors du discours conventionnel battent en brèche
pas mal d’idées reçues (le tabac n’est
pas une drogue, faire du sport ne sert à rien, arrêter
de fumer n’est pas une histoire de volonté mais
de conflit entre nos trois cerveaux – oui trois !).
Autant de théories déculpabilisantes, lesquelles,
au final donnera du grain à moudre à tous les
accrocs à quoi que ce soit. Indispensable. P.C.
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Impuretés
Philippe Djian
(Galimard, 347 pages, 18,50 euros)
L’univers de Philippe Djian ne s’encombre pas
de géographie, ni de frontières d’ailleurs.
Avec lui, on ne sait jamais où l’on se trouve.
La part belle à notre imaginaire, en fait. Dans «
Impuretés », il nous entraîne sur les hauteurs
d’une colline où tout n’est que luxe et
apparence. En ces lieux qui en ferait rêver beaucoup,
(sur)vivent quelques familles dont l’existence désabusée
et rance ne trouve un semblant d’apaisement qu’à
l’heure où se ferment les volets électriques
de leur villas ; dans des rêves anesthésiés.
Evy, un jeune garçon d’une quinzaine d’années,
qui un matin assista à la noyade de sa grande sœur
– a-t-il été seulement spectateur de ce
drame ?- , évolue dans cet univers doré mais
quasi carcéral où rien ne tourne rond. Son mystère
résonne dans toute la contrée. Il ne parle pas
et croit l’amour platonique la seule bonne raison valable
qui l’empêche d’aller voir au ciel s’il
y est.
Autour de lui ce n’est pas mieux… Son père
a beaucoup écrit et avec succès jusqu’à
sa chute dans l’alcool, sa mère actrice en éternel
devenir est en recherche permanente d’un espoir de renouveau
en celluloïd. Quant à ses copains, il y a ceux
qui l’aiment sans rien demander et ceux qui par son
entremise garde l’image de sa sœur. Djian ne nous
évite rien de la déchéance et de la «
déjanterie » de cette tribu, ses malentendus,
ses malaises existentiels et ses amours trempés dans
l’eau croupie du marais. C’est leur monde tel
qu’ils le vivent. Mais il le fait avec un humour corrosif
et un réel attachement pour ses personnages, comme
s’il connaissait par cœur ces gens-là et
qu’au fond, il se refusait à les juger.
P.C.
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Les
âmes grises
Philippe Claudel – Editions
Stock, 2003, 284 pages – prix Renaudot
Ah, cela faisait longtemps que je n’avais pas lu un aussi
bon roman, très bien écrit. Ca fait du bien !
Bon, c’est sûr, « les âmes grises »
est un livre à proscrire si l’on déprime.
Mais c’est avec beaucoup de justesse que Philippe Claudel
nous emmène au cœur des hommes. Dans leur âme.
Personne n’est blanc, personne n’est noir, nous
ne sommes ni vraiment mauvais, ni vraiment bons… L’histoire
du livre se passe dans un petit village en France, durant la
première guerre mondiale. Cette guerre n’est pas
le sujet principal, néanmoins ce bruit de fond semble
en adéquation avec les hommes et leurs propres guerres
intérieures. Un homme nous raconte une partie de sa vie,
marquée par l’histoire d’un crime. Une fillette
de 10 ans est retrouvée étranglée dans
le village, et l’on cherche le coupable. Que s’est-il
réellement passé ? Faut-il croire l’enquête
officielle menée par le grossier et insupportable juge
Mierck et son acolyte Matziev ? Ou Joséphine, la vendeuse
de peaux de lapins ? Ou peut-être le coupable était
un des nombreux blessés de guerre qui a perdu la tête,
zonant dans la ville ? Avec beaucoup de profondeur et de caractère
humain, cet homme nous délivre ces pensées, comme
pour se libérer de cette Affaire. C.H. |
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MARS / AVRIL 2005
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TCHETCHENIE
: UNE AFFAIRE INTERIEURE ?
Russes et Tchétchènes
dans l'étau de la guerre
de Anne Le Huérou,
Aude Merlin, Amandine Regamey et Silvia Serrano (éditions
Autrement, 168 pages, 14,95 €)
Le conflit terriblement meurtrier qui déchire la Tchétchénie
depuis dix ans se déroule aux portes de l'Europe. Seuls
des évènements spectaculaires comme la prise
d'otages de Beslan en septembre 2004 parviennent un temps
à faire sortir cette guerre de l'oubli. De cet oubli
mêlé au drame naissent de nombreuses perceptions
biaisées de la Tchétchénie, alors que
les réactions de la communauté internationale
sont marquées par un silence assourdissant.
Cet ouvrage, à quatre voix féminines, répond
à de nombreuses interrogations sur les racines profondes
de ce conflit souvent perçu comme un simple séparatisme,
voire du terrorisme. Quelle est la genèse du projet
indépendantiste apparu en 1991 suite à la chute
du mur ? Quelles sont les caractéristiques de l'identité
tchétchène ? La région du Caucase est-elle
une zone tampon entre les deux anciens blocs, russe et américain
? Le drame de cette guerre réside dans le huis clos
étouffant où se trouvent réunis Tchétchènes
et Russes, avec leur histoire et leurs relations singulières.
Un vase clos qui rend d'autant plus douteuse la rhétorique
de Poutine consistant à faire du front de la Tchétchénie
la lutte contre le terrorisme islamiste mondialisé,
pour rester maître chez lui. J.M.
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LIBELLULE
Didier Jean & Zad
(L'Atelier du Poisson Soluble, 40 pages, 15 €)
"Quelle chaleur ! Je m’assois à la table
d’un café sur la place du marché. Comme
autrefois, des filles et des garçons jouent à
l’ombre des platanes. 1... 2... 3... soleil ! Leurs
mèches en bataille un instant suspendues, les enfants
font statue et dans le silence, une petite mélodie
se glisse jusqu’à moi. La musique, les rires,
le soleil, la place, tout me ramène des années
en arrière. Soudain, je me souviens… Elle s’appelait
Libellule."
Cette libellule n'annonce pas encore le printemps mais un
nouvel album de Didier Jean et Zad. Cet album est né
du désir d'inventer une histoire liant une vingtaine
de tableaux de Zad issus de la série "Jeux d'enfance".
A partir de 5 / 6 ans mais s'adresse également aux
plus grands.
J.M. |
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Da
Vinci Code
Dan Brown –
Editions JC Lattès, 2004, 574 pages
Si un roman est bien controversé, c’est celui-ci.
Alors c’est du tout ou rien. Soit on aime et on le lit
très rapidement (comme dans mon cas), soit on reste complètement
indifférent (comme mon mari). Alors difficile de dire
ce qu’il en sera pour vous ! Mais pour vous aider, voici
quelques indications sur son contenu. Ce livre est tout d’abord
un roman, donc histoire fictive, qui s’inspire de l’histoire
de l’art et de l’histoire de la religion catholique
basée sur le St Graal. Jacques Saunière, conservateur
en chef du musée du Louvre vient d’être assassiné.
Mais avant de mourir, celui-ci a procédé à
une très étrange mise en scène… Mené
comme une enquête, le récit se base au départ
sur trois personnages principaux : Robert Langdon, éminent
spécialiste de symbiologie de Harvard, Sophie Neveu,
inspectrice en cryptologie et le commissaire Bézu Fache
de la Police judiciaire. A force de recherches, beaucoup de
secrets vont être enfin mis à jour… Je ne
peux vous en dire beaucoup plus afin de vous garder la curiosité
de lire ce roman. Mon avis personnel : j’ai beaucoup aimé
lire ce récit. Le suspense se ressent du début
à la fin et l’on veut toujours en savoir plus.
En revanche, la chute n’est pas extraordinaire. Mais je
reste sur un avis positif car il m’a donné l’envie
de le relire et de me renseigner sur les sujets abordés.
A titre indicatif, le film « The Da Vinci Code »
va sortir en France le 17 Mai 2006 (d’après le
site de CineMovies). Réalisé par Ron Howard (La
rançon, Willow, Appolo 13), il aura pour acteurs principaux
Tom Hanks, Jean Réno et Audrey Tautou. C.H.
http://www.danbrown.com
; http://www.thedavincicode.com
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JANVIER / FEVRIER 2005
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La
Grande Ile
Christian Signol (Albin Michel,
231 pages, 17 euros)
Autant le dire tout de suite : nous n’étions
pas jusqu’à aujourd’hui vraiment passionnés
par l’œuvre de l’homme qui aimait tant la
Dordogne. Et pourtant… Lu d’une traite, son dernier
roman nous trotte encore dans la tête quelques jours
après en avoir terminé avec lui. « La
Grande Ile » raconte l’histoire, sur plusieurs
décennies, d’une famille de cinq personnes, trois
enfants et leurs parents, vivant isolés et pauvres,
quelque part au bord de la Dordogne. Un refuge de poésie
et de tendresse pour Bastien, Baptiste et Paule qui ne connaîtront
rien, durant leur enfance, du monde extérieur. L’eau
et l’ile de la rivière sont leur seul terrain
de jeu et de découverte… une sorte de paradis.
Mais ce lieu préservé du monde, ignorant des
soubressauts qui secouent l’Europe à la veille
de la guerre de 40, ne saura pourtant sauvegarder le bonheur
de cette famille unie.
Au fil des pages, en phrases courtes et sensibles, sans illuminures
inutiles ni larmoiements, Christian Signol nous entraîne
sur les pas de Bastien, fils aîné et narrateur
de ce long cri d’amour lancé au temps qui passe,
aux désenchantements de l’adulte qui succèdent
aux premières émotions remplies d’espoir
de l’enfance. Nostalgie, quand tu nous tiens…
on aime la Dordogne. P.C.
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Val
Paradis
Alain Jaubert (L’Infini-Gallimard,
436 pages, 22,50 euros)
Un jeune marin fait escale à Valparaiso au bout des
années 50. Port mythique, célèbre auprès
de tous les gens de mer pour ses légendes, ses chansons,
mais aussi ses bordels et ses ruelles crasseuses, cette ville
est aussi un piège, un bout de monde où l’exil
et l’esprit d’aventure sont poussés à
l’extrème.
Alain Jaubert signe là son premier roman. Journaliste
scientifique, auteur de la série « Palettes »
diffusée sur Arte, il fut aussi marin. Ce dont on ne
doute pas un instant à la lecture de cet ouvrage dense
et écrit serré. A la manière d’un
Simenon qui connaîtrait vraiment la mer, l’auteur
a le don de dépeindre atmosphère et sensations
que doivent vivre les hommes qui ont choisi de naviguer. Et
quand ils descendent à terre, c’est pour marcher,
marcher toujours, avancer coûte que coûte, pour
retrouver un équilibre perdu par des jours de mer.
Et, au bout des quais, de ces escales en pays de la soif,
l’aventure est là, qu’il faut absorber
jusqu’à en oublier la grande bleue…
P.C. |
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Le
Sourire Etrusque
José Luis Sampedro –
Editions Métailié, 1997, 319 pages
Salvatore, vieux paysan au caractère bourru et prononcé,
quitte sa Calabre natale pour venir se faire soigner à
Milan, qu’il exècre comme toutes les grandes villes.
Accueilli chez son fils et sa belle-fille, il rejette par principe
tout ce qui est citadin, froid et insipide, c'est-à-dire
tout de la vie courante milanaise. Ca ne vaudra jamais les odeurs,
les goûts, les couleurs bien plus intenses de la Calabre
! Heureusement, son petit-fils est là, Bruno, son Brunettino…
Un petit bout de treize mois que Salvatore, va apprendre à
connaître, à couver et à aimer. Toute la
rudesse du personnage fond face à l’innocence de
Brunettino, à la joie de ses petits progrès dont
Salvatore se gorge de fierté. Ce qui est intéressant
dans ce livre, ce sont les personnages, les contrastes, et les
émotions qui ressortent de cette histoire. C’est
un livre vraiment agréable à lire.
C.H. |
>
NOVEMBRE / DECMBRE 2004
 |
Suite
française
par Irène Némirovsky
(Denoël). Prix Renaudot 2004.
Ecrivain français d’origine juive ukrainienne,
Irène Némirovsky naît
en 1903 à Kiev. Fuyant la Révolution russe avec
sa famille, la jeune fille s’exile à Paris où
elle rencontrera un grand succès en 1929 avec son roman
"David Golder". Cosmopolite et brillante, encensée
par la critique, amie de Kessel et Cocteau, cette figure littéraire
de l’entre-deux-guerres vit le drame de l’exode
avant de se réfugier et de se cacher dans un petit
village du Morvan. Arrêtée, puis déportée,
elle succombe à Auschwitz en 1942 et laisse deux fillettes
: Denise et Elizabeth, qui perdront aussi leur père
en déportation. Agée13 ans lors de l’arrestation
de sa mère, Denise Epstein, sa fille aînée,
réussit à sauver des Allemands les manuscrits
qui se trouvaient dans sa valise et les conserve précieusement,
des années durant, rassemblant les notes éparses
d’Irène Némirovsky. Après les avoir
patiemment retranscrits, elle décide aujourd’hui
de publier ces inédits exceptionnels : premiers volumes
d’un vaste projet intitulé "Suite française".
Véritable « comédie humaine » où
l’on retrouve d’un récit à l’autre
les mêmes personnages, cette tétralogie écrite
dans le feu de l’Histoire est un témoignage bouleversant,
intimiste et implacable sur la France et les Français
pendant
l’Occupation. S’ouvrant par "Tempête
en juin" et "Dolce", elle demeure inachevée
: rattrapée par ces événements qu’elle
vivait et décrivait en direct, Irène Némirovsky
est morte avant d’avoir pu donner le jour aux volumes
suivants : « La Bataille et La Libération ».
P.C. |
 |
Tristano
meurt
par Antonio Tabucchi (Gallimard).
À l'automne de sa vie, Tristano fait venir à
son chevet un écrivain qui semble s'être inspiré
autrefois de lui pour un roman. Celui qui a combattu, dans
sa jeunesse, pour la liberté de son pays, l'Italie,
entreprend de recomposer son passé et brosse, ce faisant,
la fresque bigarrée de soixante ans d'histoire italienne.
Affaibli par la gangrène et les céphalées,
par les insomnies et les accès de mauvaise humeur,
il entend témoigner. Car si le monde est fait d'actes,
d'actions, ces actions ont besoin pour rester de paroles qui
continuent à les faire être et en portent témoignage.
« Le verbe n'est pas au commencement, il est à
la fin, l'écrivain. Mais qui témoigne pour le
témoin ? C'est le problème, personne ne témoigne
pour le témoin… » Le pacte proposé
par Tristano est simple : il raconte à l'écrivain
ce que ce dernier veut entendre, l'autre écrit. D'un
côté des paroles vivantes, « des sons faits
d'air », de l'autre l'écriture qui fixe le temps
ressuscité.
Dans ce roman testamentaire où s'entrecroisent les
thèmes de l'héroïsme, de la lâcheté,
du courage et de la trahison, Antonio Tabucchi interroge l'écriture
et la vie. Chacun ne doit-il pas emporter sa vie, sa vraie
vie, celle que l'on vit à l'intérieur, dans
sa tombe ? « Il est bien suffisant de laisser aux autres
la vie qu'on vit à l'extérieur, elle est déjà
si évidente, elle en impose tant. (La Fnac) |
 |
Kind
of black – Nouvelles noires pour Souillac
en jazz
édité par l’Association
pour le Festival Sim Copans) (106 pages, 8 euros)
Qui ne connaît pas le Festival de jazz Sim Copans de Souillac,
qui se déroule chaque été au mois de juillet,
présente un grave trouble culturel… Excitant, innovant,
convivial et expert, ce rendez-vous fait swinger le Lot et sa
région depuis maintenant une trentaine d’années.
Parmi les membres organisateurs Stéphanie Benson, auteur
de polars. Cette dernière a décidé de réunir
autour d’elle sept auteurs pour la réalisation
d’un recueil d’inédits… noirs, évidemment.
Une belle idée qui lie le noir à la croche, la
blanche aux mots, le jazz à son pendant contemporain
le roman noir. Bref, une centaine de pages – illustrées
par des photos de Bernard Delfraissy – qui offre au Festival
de jazz de Souillac, une complémentarité originale.
P.C.
On
peut commander ce livre en téléchargeant le bulletin
d’inscription sur le site http://www.souillacenjazz.net |
>
SEPTEMBRE / OCTOBRE 2004
|
Pour oublier une rentrée littéraire
étouffante (661 nouveaux romans) - les libraires en
deviennent fous à lier – retour sur quelques
valeurs sûres sorties hier, voir avant-hier et, qui
plus est, la plupart en poche.
|
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Leurre
de vérité
par Didier Daeninks
(folio 2 euros, 110 pages).
La collection Folio à 2 euros est une véritable
aubaine. Il faut rendre hommages à celles ou ceux qui
ont eu la géniale idée de (re)sortir ces nouvelles
d’auteurs aussi divers que Faulkner, Jonquet, Simmons,
Miller (j’en oublie, bien sûr) ou Daenincks.
Didier Daeninks qui avec « Leurre de vérité
» nous en assène quelques-unes sur le petit monde
rabougri, mais tellement prétentieux, de la télévision.
Il s’en donne ici à cœur joie maniant ironie
et férocité comme autant de balles tirées
dans le poste. P.C. |
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Moisson
noire
Sélection de Donald
Westlake ( Rivages/noir poche, 619 pages, 9,50 euros).
Ce gros livre aujourd’hui édité en poche
a inauguré voilà quelque temps une série
que tous les amateurs de polars connaissent nécessairement
« Moisson noire ». Otto Penzler, éditeur
américain a eu l’idée de demander chaque
année à un auteur célèbre de sélectionner
plusieurs textes qu’il a aimé chez ses confrères.
Donald Westlake, géant parmi les géants du roman
noir – et ils sont finalement assez peu - fut le premier
à se lancer. Résultat : avec cette première
édition, vous avez entre les mains, une série
de nouvelles éclectiques et originales écrites
par des auteurs d’horizon très divers. Donald
Westlake qui dans sa préface écrit : «
une nouvelle réussie est un joyau miniature, aussi
concis et soigneusement ciselé qu’une jolie montre,
tout en étant vivant ». Il a raison.
P.C. |
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Le
démon dans ma peau
par Jim Thompson
(Folio policier, 219 pages)
Le titre de cet ouvrage est en fait celui de la première
nouvelle de ce recueil signé James Crumley. Une histoire
délirante qui, en quelques pages, impose le talent
de cet écrivain américain contemporain. Proche
par le style de Jim Harrisson, une écriture à
la fois rude et très humaniste, Crumley est aussi à
l’aise dans l’histoire noire que dans l’évocation
de ses souvenirs.
P.C. |
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L’assassin
de papa
par Donald Westlake (
folio policier, 249 pages)
Quand papa meurt, on se rend compte qu’il n’a pas
été l’homme que l’on croyait. Quand,
en plus, on perd un œil à cause de lui, on cherche
à savoir. Quitte à y laisser la peau, celle de
son frère ou de sa belle-sœur. Donald Westlake manie
le roman noir en y infusant un humour enchanteur. Du polar à
l’ancienne, sans esbroufe où les méchants
sont très méchants… La seule différence
toutefois, ici les héros n’ont rien à leur
envier.
P.C. |
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Le
manoir des immortelles
par Thierry Jonquet (Folio
policier, 164 pages).
Thierry Jonquet s’est affirmé depuis longtemps
comme l’un des auteurs de romans noirs les plus doués
de sa génération. A l’instar de Daeninks,
Vargas, Aubert et quelques autres, il pousse le genre dans ses
derniers retranchements, n’hésitant pas à
titiller la chose politique ni à taper là où
ça fait mal.
P.C. |
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Couleur
du temps
par Françoise Chandernagor
(Gallimard, 156 pages, 13 euros).
Le titre laisse perplexe tant il est anodin. Pourtant, derrière
lui, se cache un fulgurant roman. Une sorte de météorite
dans l’univers riquiqui de la littérature hexagonale.
Pas de longues phrases, pas de psychologie à l’emporte-pièce,
pas de romantisme de beaux quartiers… juste l’histoire
d’un peintre, un petit maître du siècle des
lumières, qui toute sa vie peint le même tableau
: un portrait de famille qu’il ne cesse de retoucher,
de faire évoluer, changeant les personnages de place,
les effaçant parfois… L’œuvre d’une
vie, sa vie… puisque c’est sa propre famille qu’il
tente de poser sur la toile. Et la couleur d’une robe
qu’il cherchera longtemps, désespérément,
la fameuse couleur du temps. Un conte éclatant de beauté.
P.C. |
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La
chambre
par Françoise Chandernagor
(Folio, 457 pages).
Un événement tragique et pathétique de
la révolution française permet à Françoise
Chandernagor de nous livrer une réflexion intimiste sur
la barbarie coutumière, insidieuse et implacable, des
périodes troublées de l'histoire.
Une histoire dans le grande Histoire : celle d’un enfant
enfermé dans une prison. Un enfant que l’on a puni
et qui ne sait pas pourquoi. Un enfant seul, abandonné,
qui attend, qui mourra dans sa geôle. Il s’appelait
Louis XVII (Versailles, 27/03/1785, Paris, 8/06/1795 ?).
P.C. |
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Le
bandit mexicain et le cochon
par James Crumley (
Série noire Gallimard, 216 pages, 6,90 euros).
Le titre de cet ouvrage est en fait celui de la première
nouvelle de ce recueil signé James Crumley. Une histoire
délirante qui, en quelques pages, impose le talent de
cet écrivain américain contemporain. Proche par
le style de Jim Harrisson, une écriture à la fois
rude et très humaniste, Crumley est aussi à l’aise
dans l’histoire noire que dans l’évocation
de ses souvenirs.
P.C. |
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JUILLET/AOÛT 2004
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Los
Angeles River
par Michael Connelly
(Seuil, 368 pages, 21 euros)
Harry Bosh est de retour. Le plus cérébral flic
de Los Angeles, pourtant à la retraite, accepte de
replonger dans les eaux troubles de la cité des anges.
Il le fait pour une amie, la veuve d’un autre flic que
les amateurs de Michael Connelly, connaissent bien, Mc Caleb,
celui-là même qui fut le héros de «
Créance de sang » et le personnage principal
du film du même nom qu’incarna Clint Estwood –
amusé, Connelly y fait même allusion, entre fiction
et réalité, il ne choisit plus.
« Los Angeles River », c’est aussi
le retour d’un serial killer cher à l’auteur
et à ses lecteurs, un certain Poète…
Du grand, du très grand Connelly, lequel cerne au plus
près l’intrigue et restitue merveilleusement
la violence et les douleurs d’un monde en putréfaction,
les méandres psychologiques d’un Harry Bosch
pas toujours au mieux de sa forme, mais tenace et obstiné
face à toutes les adversités du monde. Et il
y en a… P.C.
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Disparu
à jamais
par Harlan Coben
(Pocket, 468 pages).
Vous ne connaissez pas Harlan Coben ? Précipitez-vous
sur quatrième roman, véritable synthèse
de l’art de cet auteur de thriller américain.
L’histoire se passe à New-York. Will Klein a
un frère. Accusé onze ans plus tôt d’avoir
violé et tué une jeune fille, celui-ci semble
vouloir faire reparler de lui. Will va se rendre compte que
les deux êtres les plus chers à son cœur
sont peut-être ceux qu’il connaît le moins.
Avec une maîtrise absolument stupéfiante, Coben
entraîne le lecteur dans une histoire vertigineuse dans
laquelle la plupart des protagonistes ne son pas ce qu’ils
disent être, n’agissent pas comme on le voudrait.
Coben tend des pièges, dans une langue sèche
et rapide, dans lesquels on bute avec plaisir et effroi.
P.C.
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Petits
romans noirs irlandais
Collectif (Rivages/Noir,
343 pages, 9 euros)
Cette anthologie de 18 nouvelles policières, pour la
plupart inédites, réunit les plus grands écrivains
irlandais : James Joyce, William Trevor, Liam O’Flaherty,
Elisabeth Bowen, Peter Cheney…
Crimes passionnels, histoires de détectives, meurtres
et cambriolages sont illustrés ici par des textes allusifs,
cruels, humoristiques, poétiques ou parfois tragiques
qui devraient réjouir les amateurs de curiosités.
P.C.
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Gustave
Courbet, peintre de la liberté
par Michel Ragon
(Fayard, 457 pages, 23 euros)
La liberté, tel est bien l’horizon du peintre
le plus fougueux et le plus anticonformiste du XIXe siècle
français. Fils de cultivateur franc-comtois, Gustave
Courbet place sa vie sous le signe du scandale. Il choque
avec ses nus réalistes et ses peintures du peuple.
Il peint ce qu’on ne montre pas à cette époque-là.
Michel Ragon, grand conteur et spécialiste de l’histoire
de l’art, nous raconte ici l’histoire passionnante
de l’un des plus grands mythes français du XIXe
siècle. Où l’on croise aussi Baudelaire,
Delacroix, Ingres, Corot, Manet et d’autres. Une biographie
riche, dense et vraie sur l’auteur de « L’origine
du monde ».
P.C.
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JUIN 2004
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Jack
l’éventreur Affaire classée
par Patricia Cornwell (Livre de
poche, 569 pages, 8 euros)
Walter Richard Sickert est Jack l’éventreur.
Patricia Cornwell, auteur de polars le prouve et, au fil des
pages de ce passionnant rapport, on n’en doute plus.
Intrigué par la personnalité trouble de ce peintre
impressionniste célèbre en son temps –
il était intime de Degas - et aujourd’hui présent
dans tous les musées du monde, Cornwell a passé
de long mois à réunir suffisamment de preuves
autant scientifiques que criminelles pour en arriver à
pointer du doigt les insuffisances de l’enquête
à l’époque et l’incroyable intelligence
de celui qui se faisait appeler Jack the Ripper.
Grâce à sa connaissance des enquêtes criminelles,
son passé de médecin-légiste et une énorme
documentation réunie au fil des mois, Patricia Cornwell
reconstitue l’arrière-plan de cette sinistre
affaire, l’Angleterre à l’époque
victorienne. Incontournable. P.C.
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MAI 2004
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Ensemble,
c’est tout
Anna Gavalda, Ed le dilettante (604
pages, 22 €)
Attention, quand on commence le dernier livre d’Anna
Gavalda, on ne le lâche plus ! La romancière
nous avait déjà séduits(es) avec ses
nouvelles actuelles dans « Je voudrais que quelqu’un
m’attende quelque part ». Avec « Ensemble,
c’est tout », elle passe à la vitesse
supérieure en entraînant les lecteurs dans un
tendre conte contemporain aux personnages (trop) attachants.
Les 600 pages du roman, au style « courtes phrases
et profusion de dialogues », se dévorent
très vite. Un peu trop vite tellement on se sent bien
dans cette histoire. Une histoire où tout le monde
trouve une petite part de la sienne.
Sans dévoiler le contenu, « Ensemble, c’est
tout » raconte la rencontre entre Camille, jeune
fille pommée, femme de ménage et artiste, Philibert,
jeune aristo perdu entre l’histoire de sa noble famille
et le monde actuel, Franck, cuistot bourru et inculte au cœur
tendre, et Paulette, mamie en fin de vie… Quatre personnages
remplis de doutes, à la recherche d’identité,
et bien sûr d’amour ! Ca peut paraître naïf
comme ça, mais la sauce prend et le livre est un vrai
petit bonheur. Kris.
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Ce
sont des chiens qui dirigent les cieux
James Ellory – Destination
morgue (Rivages/Thriller – 289p, 19,50 euros)
C’est l’histoire vraie d’un
mec passablement taré, drogué, réactionnaire,
obsédé de sexe et de mort, bref le genre de
type que l’on n’aimerait pas croiser la nuit,
dans une ruelle déserte. Pourtant cette jeunesse tonitruante,
en clair très très obscure, racontée
en un recueil de plusieurs nouvelles, se trouve être
celle de James Ellroy, l’un des plus grands écrivains,
voire le plus important, de la littérature américaine.
Et, même si l’on se promène couvert au
fil de ces pages rouge sang, si l’évocation de
crimes sexuels, de morts sans laisser d’adresse, de
sexe sans contact, d’écœurement au ras du
bitume dans cette Amérique donne mauvais goût
dans la bouche, on ne lâche pas ce style coup de poing.
On ne lâche pas cette hargne de raconter sa propre vie
sur le mode tordu, sans rien cacher de ce qui fut et qui n’explique
pas nécessairement ce qu’est devenu l’auteur.
Ellroy, encore une fois, nous entraîne
dans son enfer personnel, dans les rues d’une Amérique
jamais aussi vivante que lorsqu’ elle est à la
recherche de ses absences, de ses désirs, de ces morts…
P.C.
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Rien
de grave
Justine Lévy – Ed Stock
(195 P, 15,55 €)
Quelqu’un m’a dit qu’il
s’agit d’une histoire vraie romancée où
les rôles principaux sont tenues par la narratrice Justine
Lévy alias Louise, un mannequin devenu chanteuse
alias Paula et de quatre consonnes et trois voyelles devenus
Adrien dans le roman. Rien de grave pourrait tout aussi bien
finir en scénario d’un film nouvelle vague qui
met en avant un duo amoureux qui va finir en trio et bientôt
en quatuor. Un livre où les personnages se lient et
se délient, des petites histoires dans l’histoire
qui éclaboussent sur les sentiments et génèrent
des ressentiments, l’écriture comme une tentative
de guérison. « La vie est un brouillon, finalement.
Chaque histoire est le brouillon de la prochaine, on rature,
on rature, et quand c’est à peu près propre
et sans coquilles, c’est fini, on n’a plus qu’à
partir, c’est pour ça que la vie est longue.
Rien de grave». Justine Lévy s’affirme
aussi comme une plume talentueuse qui devrait encore se bonifier
avec le temps. Un style poignant et une écriture raffinée.
«Bien sûr, je ne l’aime pas. Je me dis
que je ne l’aimerai jamais, quoi qu’il fasse,
quoi qu’il dise, parce que l’amour est atroce,
parce que l’amour cesse toujours un jour et que je ne
veux plus vivre, jamais, la mort de l’amour. Je ne suis
pas assez solide, je me dis, pas assez courageuse, pas assez
suicidaire. Je déteste l’amour, je me répète,
Adrien m’a définitivement guérie de l’amour.
L’amour est toujours moche, grotesque, pitoyable, pouah,
comment est-ce qu’ils peuvent tous répéter
que Belle du Seigneur est un grand roman d’amour alors
que c’est juste le contraire, et que ça montre
combien l’amour est affreux ? Mais enfin il arrive,
Pablo. Il débarque dans ma vie de petit monstre énervé,
et c’est vrai qu’il me plaît. Il me plaît
plus qu’un jean, plus qu’une chanson, plus que
je ne veux l’admettre, il me plaît malgré
le verrouillage à double tour et c’est, quand
même le risque de l’amour. Est-ce que j’ai
envie de le prendre, ce risque ?» F.P.
Site internet : www.editions-stock.fr
Du même auteur Le Rendez-vous (Plon, 1995)
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AVRIL 2004
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LE
PIRE DES MONDES
Ann Scott – Ed Flammarion
(196 pages, 16 €)
Dans Le meilleur des mondes, Aldous Huxley parlait
du futur. Le pire des mondes, lui, est bien présent.
Dans ce nouveau roman, Ann Scott nous fait
partager le quotidien d’un publicitaire parisien qui
travaille à domicile grâce au système
du télé-travail, qui possède une Porsche
993 et qui court à perdre haleine sur les traces d’une
star de cinéma, ou tout du moins après une actrice
d’origine asiatique fantasmée. Tout au long de
ce livre qui dépeint admirablement notre société
contemporaine, Ann Scott met aussi le doigt sur les difficultés
de vivre dans le monde d’aujourd’hui, corrompu
par la publicité, la virtualité, l’internet
et le règne de la société de consommation.
Comme il est de coutume aujourd’hui, le personnage central
de cette histoire est en quête d’une histoire
inaccessible alors que le bonheur se trouve peut-être
à sa porte. «Je ne comprends pas, commença-t-elle.
Tu ne sais rien d’elle. Tu sens des choses qu’elle
dégage, mais c’est pas suffisant. Tu penses qu’elle
serait parfaite pour toi, mais rien ne dit que tu serais parfait
pour elle. Tu pense que tu as besoin d’elle, mais elle,
jusqu’à preuve du contraire, elle n’a pas
besoin de toi. Si tu as vraiment un truc pour le japon, pars
t’installer là-bas. Tu croiseras une fille dans
la rue et ce sera normal. Mais en même temps, je ne
vois pas. Tu détestes la foule, tu détestes
la discipline, tu détesterais être là-bas.».
Si le cinéma britannique de Mike Leigh et de Ken Loach
illustre avec exactitude les conditions de vie de la classe
ouvrière outre-manche, Ann Scott nous dresse un portrait
très fidèle de l’univers des «bobos»
d’aujourd’hui. Une critique acerbe et désenchantée
d’un monde à peine né et déjà
moribond. F.P.
Site
internet : www.editions.flammarion.com
Du même auteur : Asphysie (j’ai Lu, 1998),
Superstars (Flammarion 2000 ; J’ai Lu, 2002)
et Poussières d’Anges (Librio, 2002)
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DES
POUPEES ET DES ANGES
Nora Hamdi – Ed Au Diable
Vauvert (211 P – 17 €)
Ce premier roman de Nora Hamdi
nous permet de mieux découvrir le quotidien d’une
famille d’origine Kabyle. Le père a la fâcheuse
tendance de lever la main sur sa femme, merveilleuse fée
du logis, et de faire preuve d’autorité sur ses
trois filles : Lya, la narratrice, Chirine, la starlette en
devenir et Inès, la cadette. Ce livre est une sorte
de journal intime qui témoigne de la difficulté
d’être une adolescente aujourd’hui, étape
essentielle de la vie d’une personne, qui se complique
encore plus, si vous êtes une jeune «beurette».
En parcourant ce livre très attachant, vous pourrez
aussi faire votre introspection et peut-être vous forger
une autre opinion sur le fait d’être une jeune
femme musulmane dans notre société contemporaine.
F.P.
Biographie :
Nora Hamdi a quitté la banlieue pour une formation
de plasticienne en cours du soir aux beaux-arts à Paris.
Puis elle a adhéré au mouvement des graffitis
en bombant des fresques, tout en évoluant dans le milieu
des fanzines. Elle s'est ensuite entièrement consacrée
à la peinture pour s’intégrer au monde
des galeries en exposant ses toiles (Palais royal, galerie
Avivson, café What’s up…). Son travail
était basé sur les mots, les calligraphies,
les écritures et les symboles du monde entier.
Il y a quatre ans, elle a réalisé deux courts-métrages,
« Petits ensembles au bout de la nuit »,
et « La danse dans le noir ».
Bibliographie :
Trois Étoiles, (BD)avec Virginie Despentes,
Au diable vauvert, 2002.
Site
internet : www.audiable.com
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MARS 2004
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Le
monument
Claude Duneton – Ed.
Balland ( 520p, 20 euros)
Avec ce 20e livre, Claude Duneton redonne vie aux 27 jeunes
hommes morts pour la France durant la Grande guerre. Vingt-sept
noms inscrits sur le monument aux morts de Lagleygeolle, son
village natal. « Un roman vrai » bouleversant
sur la terre de Corrèze et celles meutrières
qui virent souffrir et mourir des millions d’hommes.
. P.C.
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Le
carnaval des loups
Jean-paul Malaval – Ed. Presses
de la Cité ( 332p. 18,90 euros)
En 1765, le haut pays du Gévaudan est
ensorcelé par la peur. Une bête faramineuse sème
la mort, jour après jour, sans que rien ne puisse interrompre
ses crimes. Jean-Paul Malaval revisite une légende
intemporelle, entre Auvergne et Marguerie. Un «thriller
historique». P.C.
Votre
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Folio
2 euros
Voilà
une collection qui fait du bien… On dit nos concitoyens
réfractaires à la nouvelle, que les éditeurs
rechignent à publier de courts textes parce qu’ils
ne se vendent pas. Dommageable pour qui aime la rigueur de
ce genre littéraire et l’ouverture à l’imaginaire
qu’il procure à coup sûr. La nouvelle collection
éditée par Folio, à prix réduit,
pourrait changer le cours des choses et redonner à
la nouvelle ses lettres de noblesse : une série de
classiques et de moins classiques, souvent inédits,
d’ici et d’ailleurs, d’auteurs connus et
d’autres moins, en tout cas toujours des nouvelles peu
connues qu’il fallait remettre au goût des lecteurs
avides de nouveautés. Au choix, on trouve dans cette
collection : Apollinaire (cru), Aragon, Blixen, Conrad, Daeninckx,
Dahl, Guibert,James, Kipling, Mishima, Sade, Verlaine.
P.C
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TRASHMUSIC
: L’ENVERS DU DECORUM D’UNE MAJOR DISCOGRAPHIQUE
CORINNE ROUSSET Ils ont changé ma chanson
Editions Stock
Vous
avez toujours voulu savoir comment fonctionne une maison de
disque (chef de projet, direction artistique, production artistique,
responsable marketing, coordination marketing, responsable
promotion, coordination promotion, attachée de presse…)
et vous rêvez encore de mettre votre connaissance encyclopédique
du rock au service de cette industrie musicale, alors ce livre
est (ou n’est peut-être pas) pour vous. Corinne
Rousset, ancienne attachée de presse d’Universal
(alias Julie de Trashmusic dans ce roman), nous (dé)livre
ici, les secrets de ce monde d’apparat et de paillettes,
bien loin des préoccupations artistiques que nous pourrions
imaginer. De la même façon, elles nous ouvrent
aussi les portes des coulisses de cet univers en pleine décadence.
Même si, tout au long de son roman, Corinne Rousset
fait référence à des artistes dont la
notoriété et le talent artistique ne sont plus
à démontrer comme Pulp, Bono, Alain Bashung,
Christophe, David Bowie, Bjork, PJ Harvey ; elle invente aussi
des pseudonymes comme Patrick Rassi, FYB, Pornidoles, MC Killah,
ONF, Rivka, Emmanuel Morand pour mieux souligner certains
artistes pré-fabriqués et de se protéger
des différents procès qui pourraient lui être
intenter… « Nous étions devenus LA maison
de disques de référence des comédies
musicales et en maîtrisions à merveille l’odieuse
mécanique. Pour la réussite d’un tel projet,
les éléments du mix étaient simples.
Il suffisait de réunir un thème porteur assez
épais (une histoire d’amour mythique, l’épopée
d’un peuple légendaire, les aventures d’un
héros intemporel), un compositeur émérite,
ayant fait état de ses talents dans la composition
de singles formatés jeune, c’est-à-dire
prêts à consommer par tous les mômes écoutant
les radios « jeunes », une sorte d’ingénieur–technicien
du tube unanimement reconnu par la profession, capable d’en
pondre un bonne demi-douzaine en un temps record et pour n’importe
qui, et de préférence ignoble et imbu de sa
personne afin de faire bénéficier le projet
de l’ «aura de génie du compositeur».
Un roman cynique, tendre et lucide sur l’industrie discographique
et à la fois, un témoignage sur un système
qui fonctionne beaucoup plus au coup médiatique que
sur la qualité artistique. F.P.
Votre
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FEVRIER 2004
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Le
Paradis – Un peu plus loin
Mario Vargas Llosa – Editions
Gallimard, 2003, 532 pages
Auteur péruvien, avec une trentaine
d’œuvres déjà publiées, Mario
Vargas Llosa nous met dans ce roman face à deux personnages
hors du commun : Flora Tristan, ou Florita l’Andalouse,
et Paul Gauguin, alias Koké le Maori. Flora, née
en 1803, est la grand-mère maternelle de Paul. Mais
ces deux personnages ne se sont pas connus en réalité.
Ce qui les rapproche plus que tout, c’est leur quête
d’un idéal, du paradis, chacun à leur
manière. Flora Tristan, au retour d’un voyage
au Pérou, va consacrer sa vie pour la révolution
ouvrière, féministe et pacifiste. Paul Gauguin,
quant à lui, va chercher son paradis artistique à
Tahiti, afin d’y retrouver les hommes et la nature à
l’état pur, plus sauvages, non déformés
par les progrès. Ce roman nous permet de découvrir
ces deux personnages atypiques qui vont lutter jusqu’au
bout de leurs idées, jusqu’au bout de leur rêve.
En bref, Mario Vargas Llosa tire de ces histoires vraies un
roman qui est parfaitement maîtrisé (et qui donne
envie de mieux connaître encore ces « héros
»). C.H.
Votre
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Sur
mon père
Tatiana Tolstoï – Editions
ALLIA, Paris, 2003, 123 pages, 6,10 euros
Ce texte, publié initialement dans
un numéro spécial de la revue Europe (n°67,
Juillet 1928) à l’occasion du centenaire de la
naissance de Léon Tolstoï, a été
écrit par une des filles de L. Tolstoï. Dans ce
petit livre, qui se lit en une ou deux soirées, Tatiana
nous fait partager les relations d’amour et de discordes
de ses parents, Léon Tolstoï et Sophie Bhers.
A travers leurs journaux intimes et leurs correspondances,
elle veut mettre à jour la vraie histoire, leurs vrais
sentiments, afin de contrecarrer à sa manière
les écrits parus donnant « un tableau faux des
relations de mes parents entre eux ». Avec des mots
simples, elle nous montre que ses parents se sont toujours
aimés, mais se sont incompris sur la deuxième
partie de leur vie commune. Finalement, ce livre nous montre
qu’une fois de plus tout n’est pas si évident…
C.H.
Votre
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Moisson
noire 2003
Collectif
- (Rivages thriller) 430 pages 21,95 euros
Chaque
année un grand auteur de roman noir américain
choisit les meilleurs nouvelles que ses compères en
écriture glauques ont publié ici et là.
Cette année, c'est James Ellroy qui
s'y colle. L'auteur du Dhalia noir nous propose ainsi
une vingtaine de nouvelles. "Bonnes nouvelles
" qu'il estime être pour nous lecteurs comme "un
sprint effréné vers la ligne d'arrivée,
un verre d'alcool vidé cul sec".
En tout cas, qu'elles soient écrites par des nouveaux
venus ou des calibres comme Michael Connely, Joyce
Carol Oates ou Stuart Kaminski, ces nouvelles garantissent
des émotions et des sensations qui perdureront longtemps.
Certaines sont mêmes carrément mémorables.
A lire sans modération. P.C
Votre
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Ma
vie parmi les ombres
Richard Millet (629 pages, 24 euros)
Richard
Millet est briviste. Il vit à Paris et travaille
dans l'édition. Mais de tout temps son cœur est
en Corrèze. Tous ses romans évoquent cela, le
goût amer de la terre et des souvenirs d'enfance, dans
une langue admirable, sûrement l'une des plus belles
que l'on puisse lire aujourd'hui. Avec "Ma vie parmi
les ombres", Millet raconte une nouvelle fois les hautes
terres limousins, dans les années 60, quand il était
enfant, ce monde rural qui est le sien. Ces "ombres"
se réincarnent dans ces pages amples et profondes,
des hommes et des femmes qui vivaient autour de lui et qu'il
décide de faire revivre une ultime fois. P.C.
Votre
avis... |
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JANVIER 2004
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Farrago
Yann Apperry - Ed. Grasset - 460 pages - 20
Euros (Prix Goncourt des Lycéens)
Bienvenue en Californie ! Pas celle du cinéma, des
plages et du soleil, plutôt celle des bucherons, au
coeur des années 70 : l'anti-thèse du rêve
américain, l'Amérique oubliée et cachée.
A Farrago, en Californie du Nord, il y a une épicerie,
une église et son révérend, un bordel
avec sa patronne et ses filles, un shérif, des collines
et des figures locales... Notre guide pour ce voyage parmi
les paumés, à la rencontre des descendants des
pionners ou des esclaves noirs, est un des leurs. Homer Idlewide,
vagabond professionnel et penseur sans répit au point
de s'auto déclencher des migraines, nous promène
dans son petit village, le centre de son monde, à la
rencontre des ses meilleurs amis : Duke, un grand black illuminé
qui a fait de la décharge municipale son royaume, Elijah
qui passe le plus clai r de son temps à bougonner sur
un tabouret dans sa cour et rêve d'ouvrir une forge
pour fabriquer des boîtes en métal, Fausto le
sage épicier... Au fil de leurs mésaventures,
drôles ou tendres, se dessine l'hisoire entière
d'un pays autant que celle des hommes. Toujours au bord du
cliché sans y tomber, Homer dans son odysée
nous pose pourtant une question essentielle sur le sens de
la vie. Un Candide chez les Ricains pour le moins attanchant.
On en redemande ! S.M.
Votre
avis...
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L’enfant
Léopard
Daniel Picouly – Editions Grasset et
Fasquelle, 1999, 400 pages – prix Renaudot
Le 16 Octobre 1793, Marie-Antoinette attend d’être
guillotinée. A travers ce roman, Daniel Picouly nous
conte les douze dernières heures avant l’exécution
prévue de la reine de France. Entre La marmotte, un
petit garçon de douze ans, qui s’est mis en tête
de montrer à la reine son petit chien, ceux qui organisent
un complot pour la libérer et ceux qui veulent respecter
son dernier souhait (voir son fils « secret »,
l’enfant Léopard), l’auteur nous plonge
dans un récit aussi bien historique, poétique
que théâtral. Nous y retrouvons des personnages
de couleurs, les soldats mokarex et un amour des mots qui
forment une sorte de signature à la Daniel Picouly.
EN BREF : Roman historique et teinté de poésie.
Excellent livre de chevet . C.H.
Le
champ de Personne | |