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DECOUVERTE
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J’ENTENDS
PLUS LA GUITARE…
Eté 2003, sur le port de Saint-Nazaire,
les nuits sont équatoriales ou presque. Les
relations entre les organisateurs des Escales et
les intermittents du spectacle en pleine lutte pour
défendre leur régime d’indemnisation,
sont tendues. Difficile de faire la fête dans
ce contexte bien particulier. Les concerts s’enchaînent
mais le cœur n’y est pas vraiment. L’ombre
du couperet qui interromprait subitement les festivités
est omniprésente. Soudain, le 8 août
à 21h30, scène estuaire, un vent de
folie se lève et ensorcelle les spectateurs
médusés. Une révélation,
un jeune quatuor électrise la traditionnelle
harpe africaine et la métamorphose en kora
hendrixienne. Etonnant, détonnant et simplement
jubilatoire ! L’impression de voir ressusciter
deux Jimi Hendrix en chair et en os, triturant non
pas une guitare électrique mais la millénaire
harpe mandingue, trafiquée et bardée
d’effets sonores. Ces quatre Guinéens,
griots d’héritage, nous interprètent
l’inconnu, l’humilité, la fraternité,
la veillée et rendent hommage à la
plus belle des femmes : la mère. Leur album
Sobolan est un dépaysement total, une très
bonne entrée en matière dans cet univers
musical inattendu. Mais la musique des Ba
comme on les surnomme, se savoure lorsqu’on
la voit exécutée sur une scène
surchauffée. Un son urbain décapant,
aussi précurseur que celui du Mory kanté
des jeunes années. F.P.
BA CISSOKO «Sabolan»
(Marabi/Mélodie Distribution). Déjà
dans les bacs.
Site web : www.marabi.net
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TALENT
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Lhasa
"The Living Road"
Laissez-moi vous présenter une artiste
pas comme les autres. C’est en 1997, au Québec,
que j’ai connu la chanteuse Lhasa De Sela.
Je l’ai connue tout d’abord à
travers son album « La Llorona »
(la pleureuse), et suis entrée complètement
sous son emprise en la voyant en concert dans une
petite salle de concert à Québec cette
année là. La magie de sa musique,
ses paroles, son style (empreints de poésie,
de contes, de mélancolie, de voyages) sont
fortement liés parcours hors du commun de
Lhasa. En premier lieu, ses origines : son père,
d’origine mexicaine, écrivain de profession,
et sa mère, américaine, actrice puis
photographe. Pendant sept ans, ce couple et ses
quatre filles -dont Lhasa- va sillonner les Etats-Unis
et le Mexique en bus (leur servant également
de maison). De cette vie nomade, où l’éducation
de ces enfants se fait à travers les livres,
les contes, les découvertes liées
aux voyages, en découle une Lhasa ouverte
au monde, certainement plus mâture que la
plupart des enfants de son âge. A treize ans,
le bus s’arrête à San Fransico.
Lhasa va alors développer sa voix dans les
cafés en chantant des refrains jazz et des
mexicains. Depuis, la petite fille a bien grandi.
Après « La Llorona »,
son nouvel album « The Living Road
» reste en continuité avec l’esprit
de Lhasa. Les chansons y sont interprétées
en français, anglais et espagnol. La musique,
agrémentée entre autre de piano, de
clarinette, de violoncelle, de violon, de percussions,
etc., est interprétée par François
Lalonde et Jean Massicotte. Mais je vous laisse
découvrir ce petit bijou, où la voix
particulière de Lhasa vous emmènera
sans doute dans ses nombreux voyages… C.H.
Sites web :
http://mapage.noos.fr/weblhasa/v2/portrait/fr_portrait.html
http://www.audiogram.com/artist/lhasadesala/
Un conseil : Allez la voir en concert !
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| DECOUVERTE
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KAOLIN…
QUATRE MONTLUCONNAIS DANS LE VENT
En géologie, le Kaolin
est l’argile friable et réfractaire
qui permet de fabriquer la porcelaine. Musicalement,
c’est le nom de cette formation de quatre
musiciens issus de la scène de Montluçon
qui devrait faire parler d’elle avec ce second
album Retour dans les criques, un disque sur lequel
a œuvré le talentueux Dave Fridmann,
producteur-magicien d’Oz et complice sonore
des Mercury Rev, Sparklehorse et autres Flaming
Lips… Le résultat de cette collaboration
est renversant. Entre chanson pop et rock sophistiqué,
le groupe nous livre avec ce deuxième opus,
un éventail plus large de ses possibilités
en matière d’écriture, de composition
et d’interprétation. Après l’album
Allez produit par Les Valentins en 2002, un premier
essai plutôt encourageant ; De retour dans
nos criques est une des premières surprises
de ce début d’année 2004, un
disque qui devrait vite trouver son public. Comment
ne pas tomber sous le charme de cette nonchalante
mais néanmoins ensorcelante Shalem
? Pourquoi ne pas se laisser emporter par l’onde
harmonieuse de ces criques aux promesses De
retour dans nos criques et que penser de ces
Caraïbes musicalement captivantes
? F.P.
KAOLIN De retour dans nos criques (Barclay/Universal)
- sortie prévue le 10 février
Site
web : www.kaolin-lesite.com
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TALENT
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LA
RESSURECTION DE DANIEL (DARK VADOR)
Vous
avez lu l’histoire de Jesse James ? Et celle
de Johnny Thunders et de Kurt Cobain ? Ça
vous a plu, hein ? Vous en demandez encore…
Eh bien écoutez l’histoire de Daniel
Darc, même si elle vous crève
le cœur… Ou plutôt non, ne l’écoutez
pas. Pourquoi ? Parce qu’il y en a marre de
rendre romantique les parcours sordides des junkies
repentis et des alcoolos post-désintox. On
efface presque tout et on repart à zéro
: l’ex-Taxi-Girl, Daniel Darc a choisi le
parti des vivants parce qu’il en avait marre
d’être inscrit au fichier des zombies.
Comme Daniel Darc le dit : la mort n’est romantique
que pour ceux qui survivent !.
Notre ami, inscrit aux abonnés absents de
la chanson depuis presque dix ans, nous revient
de son long pèlerinage du côté
obscur et nous offre un nouvel album : Crève
cœur, qu’il a réalisé
avec Frédéric Lo,
un complice que nous connaissons bien puisqu’il
a accepté une invitation en Subsession à
Tulle, le 9 décembre 1997.
Que dire de ce disque ? Qu’il est l’œuvre
de deux écorchés vifs, de deux auteurs-compositeurs-interprètes
qui ont traversé plusieurs saisons en enfer
avant de réapparaître presque intactes.
L’écriture s’en ressent, mais
le verbe est toujours vivace, acerbe et atteint
sa cible à tous les coups. Daniel Darc est
toujours cet amant délaissé, mais
il n’en reste pas moins un poète des
temps modernes comme Richard Brautigan, Léos
Carax et consort… Un mythe vivant dans l’histoire
de la pop et du rock français des années
80. Crève cœur est un coffre à
bijoux qui recèle de magnifiques chansons…
La pluie qui tombe, La main au cœur, Je
me souviens, Je me rappelle, Mes amis (tour à
tour), Un peu c’est tout, Jamais, Jamais,
l’illuminée Psaume 23, Rouge rose
écrite à l’origine pour le dernier
disque de Dani, et une relecture du refrain de la
chanson Me voilà de Frédéric
Lo, sorti en 1997, revu et transformé en
Elégie # 2 pour Crève
cœur. Il y a comme un air de Rédemption
chez Daniel Darc qui offre ici, à chacun
la possibilité de lire et d’écouter
son cœur comme un recueil de poésie
grand ouvert. F.P.
DANIEL DARC «Crève cœur»
(Mercury/Universal) - Sortie prévue le
24 février 2004
Site web : www.danieldarc.net
PS : Plus qu’une chronique, ce petit papier
est l’occasion de dire à ces deux êtres
d’exception (Daniel et Frédéric),
l’affection que leur portent les fondateurs
de SUBCULTURE. En souvenir de ces moments passés
ensemble à Tulle : Bonne chance à
ce disque de très belles chansons…
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| NOUVEAUTE
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L’INTEMPOREL
BREL EN VERSION ANGLO-SAXONNE
Comme le dit la biographie : on
oublie souvent que Jacques Brel était citoyen
belge, sans doute parce que dans tous les esprits
son œuvre est l’une des plus célèbres
et des plus sanctifiées de la Chanson française
majuscule. Bien avant Serge Gainsbourg, il a été
l’artiste francophone qui a le plus fasciné
la création de l’autre côté
de la Manche et de l’Atlantique. On ne compte
plus aujourd’hui, le nombre de ses chansons
qui ont fait l’objet de réadaptation
en langue anglo-saxonne. Cette collection de chansons
de Brel en langue anglaise revisite parmi les reprises
les plus populaires, mais révèle au
grand jour des interprétations beaucoup moins
connues. Bien sûr, on y retrouve des artistes
aussi éloquents et expressifs que Brel lui-même,
des artistes cultivant comme lui, une certaine forme
de théâtralité comme Scott
Walker, David Bowie, Neil Hannon de The Divine Comedy
mais aussi Marc Almond. Ainsi,
Scott Walker reprend deux titres : Mathilde et The
Girl & The dogs ; David Bowie accoste sur le
fameux port d’Amsterdam, Neil Hannon fait
des miracles avec sa relecture de Jackie (vu
en 1993 en live sur scène de la Cigale, lors
de sa première apparition en France, stupéfiant…)
et Marc Almond attire l’attention avec son
interprétation d’une Litany for
a return. Ce disque est aussi l’occasion
de découvrir des covers comme celle de Nina
Simone avec The Desperate Ones ou deux
versions totalement différentes de If you
go away (intimiste à la manière d’une
Bjork chez Emilianna Torrini, mi-francophone,
mi-anglophone chez Dusty Springfield)
et un anecdotique Terry Jacks s’attaquant
au Moribond qui devient Seasons in the
sun. Et bien d’autres… Next
comme le dit la chanson… Même le groupe
Placebo, absent sur ce disque, s’est attaqué
dernièrement au même exercice…
Brel est irrémédiablement encore présent
dans l’inspiration d’aujourd’hui.
F.P.
JACQUES BREL Next (Barclay/Universal)-
Prochainement
dans les bacs.
BREL
– L’INCONTOURNABLE
L’occasion de (re)découvrir
les classiques de Brel remasterisés avec
Amsterdam, Le plat pays, Ne me quitte pas, La
chanson des vieux amants, Quand on a que l’amour…
Mais surtout, les cinq inédits : L’amour
est mort, La cathédrale, Mai 40, Sans exigence,
Avec élégance ; chansons non
abouties que Jacques Brel devaient retravailler,
mais dont les ayant droits de la fondation en ont
décidé autrement… A vous de
faire votre propre critique… F.P.
JACQUES BREL Brel Infiniment (Barclay/Universal)
- Déjà
disponible dans les bacs
Site web : www.jacquesbrel.be
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| CQFD
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RADIOHEAD
COMME VOUS NE L’AVIEZ JAMAIS IMAGINE ET ECOUTE
!
Christopher O’Riley, jeune
pianiste américain qui s’est déjà
produit à Londres, Paris, Vienne, Hong Kong
mais aussi à Melbourne en Australie, n’a
pas choisi la facilité pour son dernier enregistrement.
En effet, s’il figure parmi les meilleurs
nouveaux talents dans le secteur de la musique classique
(interprétant des œuvres de Stravinsky,
Ravel, Beethoven, Bach avec brio), il a aussi travaillé
à la retranscription d’œuvre de
l’Argentin Pablo Ziegler, mais aussi d’Astor
Piazzolla autour du tango…. Il n’interprète
ici, aucune œuvre du répertoire et préfère
se consacrer à l’héritage de
l’un des groupes de rock les plus intrigants
de ces dix dernières années : Radiohead.
Sur cet enregistrement figurent ainsi 15 titres
parmi les plus connus du groupe anglais Karma
Police, Airbag, Let Down, Fake Plastic Trees, Exit
Music (For a film), True Love waits, Everything
in its right place…, réinterprétés
par ce pianiste aux multiples horizons musicaux.
Touchant ainsi à un mythe vivant du rock
contemporain, Christopher O’Riley ne s’est
pas contenté de retranscrire les chansons
à l’oreille, il les a complètement
réécrites pour piano solo, travaillant
à partir des accords des chansons. Christopher
O’Riley atteint l’essentiel des chansons
de Radiohead dans ces transcriptions, le cœur
des mélodies, et retrouve la fraîcheur
première de ces 15 titres. Il réussit
par-dessus tout à respecter tout au long
de ce disque l’identité Radiohead,
l’essence même du groupe, ce mélange
inédit d’exaltation et de malaise.
Un exercice de style époustouflant, un disque
envoûtant et à la fois, une démarche
symbolique : une étoile naissante de la musique
classique traverse la galaxie rock pour la magnifier
et confirmer une fois de plus la stature de ce quintet
de rock hors normes, capable de composer une musique
complexe et déstructurée, tout en
restant populaire et accessible. F.P.
CHRISTOPHER O’RILEY «True Love
Wait» (Odyssey/Epic/Sony) - Déjà
disponible dans les bacs
Site web : www.christopheroriley.com
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