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SEPTEMBRE / OCTOBRE 2005
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De
rage et d’humanité
Otis Taylor est passé cet été
au festival Blues passion de Cognac dans une formation
étonnante : deux violoncelles dont un électrique,
une basse et ses guitares et autres mandolines…
et ne quitte plus depuis nombre d’esprits
amoureux de la hargne et l’originalité
de ce musicien natif de Chicago. Un artiste qui
connu quelque gloire dans les années 70 avant
de se retirer… et de revenir au premier plan
avec le troisième millénaire. Jean-Louis
Kuffer, passionné suisse et responsable des
pages littéraire du quotidien 24h est celui
qui, sur le net en parle le mieux quand il aborde
les titres du dernier album d’Otis Taylor
Below the Fold, paru il y a quelques mois. «
Il y a, écrit-il, de la plainte et du cri
de rage ravalé, sur fond de motifs répétitifs
et d’inflexions lancinantes, dans l’univers
d’Otis Taylor, qui touche à la fois
aux racines historiques et émotionnelles
du blues et aux sons les mieux « usinés
» par l’électronique actuelle,
sans rien de frelaté pour autant. Le banjo
percussif et quasi obsessionnel ouvre (Feel like
lightning) cette suite des dix « récits-ballades
», sonnant folk ou même country, avec
une sorte d’âpreté confidentielle
qui relève bien du blues pur, à quoi
s’ajoutent des motifs rythmiques ou instrumentaux
à valeur d’échos africains.
Lorsque la voix d’Otis, dans Boy plays mandolin,
dialogue avec une trompette aux errances mélodieuses,
on ressent comme un relent de nostalgie, qui ne
vire pas pour autant au sentimentalisme, la chevauchée
se poursuivant bientôt à vifs coups
de cravache, si l’on ose dire… La dominante
de Below the fold est une sorte de tristesse «
épique » qui fait référence
évidente à une longue histoire de
peine et d’humiliation, oscillant entre la
chronique presque murmurée (Mama’s
got a good friend, Your children sleep good tonight
ou Didn’t know much about education)et le
blues « social » lancinant (Governement
lied faisant allusion à un sombre épisode
du déni du sacrifice des Noirs au sein de
l’armée américaine). A relever
enfin : le rôle de Cassie, la fille d’Otis,
jouant à la fois de la basse et ici, dans
un set à elle (Working for the Pullman Company)
d’une voix suave mais dénuée
de mièvrerie, coulant comme un tendre filet
de lumière oblique sous le ciel plus chargé
de son formidable Dad… P.C.
Otis
Taylor. Below the Fold. (Telarc)
Sites
Internet : http://carnetsdejlk.hautetfort.com/
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Victoria
Abril : somptueusement brésil
Quand on adore l’actrice on ne peut être
que curieux de tout ce qu’elle dit ou produit.
A la radio passe souvent sa version de Tu verras
et c’est à chaque fois un souffle de
bonheur qui passe à travers le transistor.
Normal donc, de se précipiter chez son disquaire
préféré pour dénicher
le premier album de Victoria. Intitulé Putcheros
, celui-ci contient une dizaine de ballades bossa,
puisées dans les plus grands classiques du
genre. Bien sûr les puristes pourront faire
les fines gueules mais il n’en demeure pas
moins que l’actrice espagnole préférée
des français – et de moi - y met tout
son amour et une sensualité palpables à
en avoir mal. Que demander de plus, hein ? P.C.
Victoria Abril . Putcheros
(Topami Music)
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SvenSson
: vers des jours meilleurs
SvenSson, c’est un surnom d’avant,
quand, à Toulouse, aux abords des années
90, le jeune Steve suit des études de biologie
tout en composant dans son coin les prémices
d’une musique qui aujourd’hui fait parler
d’elle. Avec Aux jours meilleurs son premier
album, SvenSson donne à écouter le
meilleur d’une chanson française qui
a su s’émanciper d’une pop anglo-saxonne
tant adorée. Violoncelles et guitares cristallines
se partagent une dizaine de titres aux textes joliment
troussés, mais remarquablement épurés.
Svensk sera en concert les 26 et 27 novembre
2005 au Maryland à Brive. On vous
en reparle bientôt, en attendant découvrez
et aimez SvenSson. P. C.
Et encore...
« Y a une route", chantait Gérard
Manset, dont on entend, stupéfait, des intonations
jouvencelles et grandiloquentes dans la pop du Toulousain
SvenSson. Y a une route, et elle monte droit au
nord, en passant par le Berry de Florent Marchet,
le Brest de Miossec, puis l'Angleterre, milieu naturel
de cette écriture soupe au lait, anxieuse
et électrocutée (les guitares à
la Johnny Marr sur L'Hymne ou même Joy Division
sur le furieux On Better Days)... Y a une route,
mais pas de pilotage automatique, pas d'autoroute
: souvent, le Toulousain roule dans les bas-côtés
de la joliesse, heurte des poubelles, zigzague avec
vague à l'âme : cette pop qui a vomi
ses "nanana", se traîne une sale
gueule de bois, elle charrie des souvenirs pas glop,
des histoires d'amour griffonnées au mauvais
sang. Alors bien sûr, parfois, quand une rime
inférieure s'invite, quand une guitare joue
cheveux aux vents, ces chansons peuvent virer à
la grandiloquence. Mais la plupart du temps, trop
tendues et bilieuses pour se laisser ainsi sombrer
dans l'eau de rose, ces chansons effrontées
imposent à une pop anglaise aussi mélodique
que ténébreuse l'intensité
d'une écriture française littéraire
(Houellebecq et Albert Cohen sont cités)
et intime. "Dieu que cet hiver est long",
hurle SvenSson. Le printemps n'est pas le bienvenu.
» Les Inrockuptibles
SvenSson. Aux jours
meilleurs
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A
ROAD RECORD
Encore ! Un an après le magnifique
« Carbon Glacier », six mois après
« The Triumphs & Travails of Orphan Mae
» (mais il s’agissait en fait de la
réédition de son second album), l’infatigable
Laura Veirs vient de publier un
nouvel album intitulé « Year Of Meteors
».
Douze chansons pop-folk toujours aussi lumineuses,
avec l’énergie en plus. On avait déjà
un peu ressenti cette transition sur certains titres
lors de son dernier passage à Paris en mars
dernier, les guitares rugueuses venaient affleurer
sous le verni de ses chansons qu’elle jugeait
peut être trop lisses. Avec son groupe les
Tortured Souls (Steve Moore, Tucker Martine, Karl
Blau) qui désormais l’accompagne en
tournée, la chanteuse américaine développe
ainsi un son plus intense qui nous fait frissonner
de bonheur comme dans « Black Gold Blues »
où des explosions de guitares grunges défient
les lois de la pesanteur.
Et avec ce cinquième album, qu’elle
a été tentée d’appeler
« a road record » vu que l’ensemble
des titres qui le composent ont été
écrites au cours de sa tournée 2004,
la belle Laura Veirs s’inscrit un peu plus
dans la longue tradition des songwriters d’outre-Atlantique.
Ces chansons parlent donc de voyage, de mouvement
mais s’aventurent aussi dans les sphères
de la complexité des rapports humains. Les
quatre éléments (l’eau, la terre,
l’air et le feu) sont toujours très
présents dans ses textes, « Pour moi
cela n’est ni scientifique, ni du deuxième
degré, c’est quelque chose de bien
vivant, de brut et de pur, qui est nécessaire
à la vie. » affirme l’ancienne
étudiante en géologie toujours autant
fascinée par la nature. Et il suffit qu’elle
tombe sur un poème de Walt Whitman, l'auteur
des « Feuilles d'herbe », qui parle
d'une «pluie de météores»
pour en faire un titre d’album. J.M./L.R.
LAURA VEIRS "Year
of Meteors" (Nonesuch/WEA)
Elle sera en concert en France le 4 octobre à
Rennes, le 5 à Paris, le 6 à Nantes
et le 7 à Lille, www.lauraveirs.com
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