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LOS
ANGELES PARANO
«
Celui qui se fait bête se débarrasse de la douleur
d’être homme.»
Dr Johnson
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Le
film de Terry Gilliam (1997)
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Je
n’ai pas dormi de la nuit et je ne veux pas voir le jour se
lever. J’ai rampé au hasard des ruelles noires, des
avenues grouillantes sous les neon lights de la ville moite. J’ai
trinqué avec les oubliés de la ville moite. Le whisky
se noie dans mon cerveau. Faces look ugly.
J’ai cherché toute la nuit the real man, celui qui
me fera oublier. A L.A, la solitude te ronge. La ville araignée
t’attire dans sa toile et ne daigne te lâcher que pour
t’achever.
Je me traîne jusqu’à cette chambre du Morrison
Hotel. Le ventilateur tourne. Je jette mon cuir sur le fauteuil
éventré, je laisse tomber mes bottes sur le sol déjà
jonché de cadavres, de cendriers pleins. Je m’allonge
sur le lit, la chaleur, cette chaleur m’étouffe.
Je n’en peux plus, il le faut, je ne devrais pas, je le sais.
Mon bras se tend lentement vers la chaîne, mon doigt presse
la touche magique. Petit à petit, sa voix va m’envoûter
comme d’habitude. Il est là à côté
de moi. Des gouttes de sueur perlent sur mon front. Je jette la
tête en arrière, je ferme les yeux. Mon tee-shirt colle
de plus en plus à ma peau. Take it easy… The man is
back in town, see him walking under the moonlight.
Je le supplie de rester, de m’emmener loin avec lui au royaume
des oiseaux de la nuit. Je veux me pendre au coup du Roi Lézard.
Je dois mourir ce soir.
J’enfile mon blouson et pieds nus, je fuis L.A. Le jour pointe
sa face blafarde. Courir loin de cette cité qui me suce le
sang et m’aspire le cœur. Je longe la voie ferrée
qui n’en finit pas, je marche sur la highway.
Un dernier regard en direction de cette « Interzone »
qui grouille de tous ces vers dégoulinants et puants, une
dernière pensée pour cette métropole qui me
chasse.
Lever les yeux vers ce ciel qui me nargue une dernière fois.
Couchée sur le bitume au détour d’un virage,
les bras en croix, sa voix résonne encore dans ma cervelle
éteinte. Crissements de pneus.
EPILOGUE
Je marche dans ce long tunnel. Les parois suintent. C’est
du sang, le sang de ceux qui comme moi crèvent abandonnés.
Derrière moi, une porte vient de claquer. Je me retourne
effrayée. Une ombre s’avance vers moi, lentement, elle
a la démarche d’un félin. Je le devine maintenant.
Il est grand, maigre, de longs cheveux recouvrent ses épaules
décharnées. Un crucifix luit autour de son coup. Un
ceinture cloutée, moulée dans un cuir noir. C’est
lui, mon corps tremble.
« C’mon, i’ll show you a good time, this place
has everything, c’mon » me lance-t-il d’un rictus
salace. Il m’hypnotise. Je me lance à son cou et glisse
à ses pieds en lui criant mon amour. Soudain, il m’empoigne
par les cheveux, nos regards se croisent. Le mien est suppliant,
le sien cruel. « The ceremony is about to begin, this is your
only friend the end » me dit-il d’une voix rauque. Il
vient de planter un poignard dans mon dos, je m’affaisse sans
le quitter des yeux. Il s’agenouille à mes côtés
et commence à me sucer mon sang bouillonnant. Il se lève
enfin, essuie ses mains et sa bouche. Il s’enfuit en hurlant
à la mort. Il pleure.
Zaza
Soprano
A
Hunter S Thompson.
Avec
sa disparition, c’en est fini des « voyages sauvages
au cœur du rêve américain, des anarchistes aux
yeux fous, défoncés jusqu’à la moelle,
qui écumaient le pays en décapotables rouges crachant
le feu ».
Retiré ces dernières années dans sa maison
du Colorado, dégoûté par « la simple idée
de vendre quoique ce soit dans une nation de cochons dirigée
par un porc », il aimait se « bourrer de mescaline et
faire cracher 110 décibels à son ampli pour déguster
un peu de White Rabbit (NDLR : morceau du Jefferson Airplane), quand
le soleil se lève sur les sommets neigeux qui séparent
le continent en deux ».
Livres (indispensables)
Las Vegas Parano
La Grande Chasse au Requin
Ancien et Nouveau Testament Gonzo
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