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Playlist 2005 de l'équipe de Subculture
|
| Patrick
Mon
disque de l'année : «
Below the Fold» d’Otis Taylor
Concert de l'année national : Otis Taylor
à Cognac (été 2005)
Livre français de l'année : «
Une vie française » de Jean-Paul Dubois
Livre étranger de l'année : «
L’affaire du Dahlia noir » de Steve Hodel
|
| Christine
Disque
étranger de l'année : "Cripple Crow"
de Devendra Banhart
Disque français de l'année: "Le fil"
de Camille
Concert de l'année en Corrèze : Les Têtes
Raides à Chanteix.
Concert
ailleurs : Théo Hakola à Prague (avec Gecko
Palace en première partie).
Spectacle de l'année : "3600" de Metalovoice.
Livres l'année : "L'intérieur de la
nuit" de Léonora Miano et " Une vie française"
de Jean-Paul Dubois
Films de l'année : "Paradise now" de
Hany Abu-Assad; "Le cauchemar de Darwin" d'Hupert Sauper;
"De battre mon coeur s'est arrêté" de Jacques
Audiard; "Charlie et la chocolaterie" de Tim Burton
DVD de l'année : Noir Désir en image
|
| Sylvie
Mes
disques de l'année : "I am a bird Now"
d'Anthony And the Johnsons et le double de Noir désir en
public
Concerts de l'année local :
Arman Melies à LQC à Tulle et Devendra
Banhart à Sédières
Films de l'année : "Locataires"
de Kim Ki-Duk
Livre français de l'année : "Doggy
Bag - Saison 1" de Philippe Djian
Livre étranger de l'année : "pastorale
américaine " de Philip Roth.
DVD de l'année : "Live in Brussels"
d'Arno.
|
| Fabrice
MUSIQUE
2005
1) FINAL FANTASY «Has a good home» (Tomlab
2005)
THE ARCADE FIRE « Funeral» (Pias)
2) SUFJAN STEVENS «Come on feel the Illinoise» (Pias)
3) EDITORS « The Back Room» (Pias)
4) DEVENDRA BANHART « Cripple Crow» (YoungGod/xl/Beggars)
5) SOPHIE AUSTER «Sophie Auster» (Actes Sud/Naïve)
CINEMA
2005
1) CACHE de Michael Haneke
2) MATCH POINT de Woody Allen
3) PEINDRE OU FAIRE L’AMOUR des Frères Larrieu
4) BE WITH ME d’Eric KHOO
5) BROKEN FLOWERS de Jim Jarmush
Mention très spéciale au film 21 GRAMMES de Alejandro
González Iñárritu découvert en 2005
sur le petit écran.
CONCERTS
2005
1) ANTONY & THE JOHNSON / DEVENDRA BANHART / EDITORS / ARTIC
MONKEYS, le 7 novembre 2005 à l’Olympia dans le cadre
du Festival des Inrockuptibles 2005.
2) M alias MATHIEU CHEDID à la coopérative de Mai
3) QUIDAM/SCORIES/LAS ONDAS MARTELES / DEVENDRABANHART / ALAMO
RACE TRACK / THE NATIONAL / THE WEDDING PRESENT, le Samedi 23
juillet à Sédières.
|
| Jean
Mes
disques de l'année : GRAVENHURST "Fires in
distant buildings" / MY MORNING JACKET "Z" / THE
CARDIGANS "Super extra gravity" / BAXTER DURY "Floorshow"
/ IDAHO "The lone
gunman" / BONNIE PRINCE BILLY "Summer in the southeast"
/ SIGUR ROS "Takk"
Concert national : YO LA TENGO (route du rock) / DOMINIQUE
A (la Coopé)
Concert local : MORNING STAR - SANTA CRUZ (ô les
choeurs) / ARMAN MELIES (Pop sur la ville) / THE NATIONAL (Sédières)
Film : "Paradise Now" de Hany Abu-Assad / "Le
petit lieutenant" de Xavier Beauvois
L es plus de l'année : la reconnaissance, par
un tribunal correctionnel, du bien fondé de "l'état
de nécessité" du fauchage de parcelles de maïs
génétiquement modifié
les moins de l'année : les catastrophes écologiques
à répétition en Chine / les dérapages
verbaux manipulatoires du karcherisateur en chef
|
Cécile
Disque
de l’année : « Not on Top »
de Herman Düne
Concerts de l’année en Corrèze : Svensson
au bar du Maryland à Brive, Arman Miélès
à la salle des LQC à Tulle.
Livre de l’année : « Le pont de Ran-Mositar
» de Frank Pavloff
Film de l’année : « Va, vis et deviens
» de Radu Mihaileanu
|
|
| Brighton
Chronicles n°1 by Cécile Communal
Alors voilà on m’a demandé d’écrire
une chronique mensuelle de Brighton où je vais habiter
pour une année. Et comme je suis une gentille fille, je
le fais. Enfin aussi parce que j’ai l’impression d’avoir
trouvé le paradis sur Terre et que j’ai envie de
faire partager ça…
Pour ma deuxième semaine c’était le Brighton
Live. Quoi de mieux quand on est venu pour la scène musicale
que de rentrer dans le vif du sujet dès le début.
Le Brighton Live en est déjà à sa troisième
édition, le festival a lieu dans quasiment toutes les salles
de concert de Brighton et est né de la collaboration de
tous les acteurs locaux : promoteurs, disquaires, radio…
afin d’offrir un maximum de concerts, avec cette année
plus de 250 groupes à l’affiche. Le festival vise
essentiellement à mettre en avant des groupes locaux dont
certains ont franchi nos frontières comme les brillants
Electric Soft Parade, mais quelques têtes d’affiches
internationales viennent les appuyer : Emilia Torrini et les Roger
Sisters parmi d’autres.
Il serait trop long de détailler toutes les soirées,
et il fut de toute façon impossible de tout voir, je ne
garde donc que le plus intéressant car il y a eu du très
mauvais il faut bien le dire…
Après deux premiers soirs décevants, c’est
le mercredi 6 octobre que le Brighton Live tient enfin ses promesses.
La soirée commence au Sussex Art Club : un club privé
le reste du temps, super chic, super hype, la carte de membre
coûte la modeste somme de 200£ ! Mais pour le Brighton
Live, tout le monde peut rentrer gratuitement. Le concert a lieu
dans une sorte de petit dôme avec chandelier au plafond,
les gens sont sagement assis à des tables. On est donc
venu voir Josephine, qui joue accompagnée d’un jeune
homme à la guitare acoustique. Elle nous sert des petites
pops songs, elle a une très belle voix mais ça reste
gentil, ce n’est pas renversant, il lui manque le petit
truc qui rend Martha Wainwright ou Cat Power exceptionnelles.
Elle termine sur une reprise de « Sweet Dream », trop
gentil encore.
On se rend ensuite à l’Ocean Rooms où DJ Cakeboy
ouvre la soirée, mais malgré tous ses efforts seuls
deux ou trois égarés viennent danser, le reste de
la foule regardant Cakeboy comme un simple concert ce qui donne
une ambiance assez étrange. On se rapproche pour ceux qu’on
attend le plus ce soir : Fujiya & Miyagi. Il s’agit
donc d’un trio, on s’inquiète un peu au début
de l’absence de batterie mais cela sera vite oublié.
Le programme les décrit comme : « Can rencontre Talking
Heads qui rencontre Neu ! ». Dès le début,
la boite à rythme nous donne envie de danser. Les morceaux
sont très instrumentaux mais captivants, les trois membres
se répondent au chant, il y a quelques paroles en français.
Il semble y avoir déjà pas mal de fans dans la salle
et ça se comprend car dès la fin du concert bien
trop court, on a très envie de les revoir. Vraiment une
excellente découverte à surveiller.
Le lendemain c’est la soirée que j’attend le
plus : Electric Soft Parade. Si je suis venue à Brighton
c’est parce que des groupes comme Electric Soft Parade,
Electrelane, 80’s Matchbox B-Line Disaster (dont je croise,
en rentrant de la fac, le chanteur qui attend son bus sagement,
oui j’ai bien dit sagement, c’est possible) viennent
de Brighton et que je me suis dit qu’il devait vraiment
ce passer quelque chose ici.
Rendez-vous au Pressure Point, un bar avec une salle de concert
au 1er étage dont la capacité maximum n’est
que de 140 personnes et cela sera pourtant la plus grande salle
où on sera allé pendant le festival. Il y a une
longue queue, les Electric Soft Parade n’ont pas joué
à la maison depuis bien longtemps. La soirée débute
avec Paul Steel qui nous propose des chansons à la Magic
Numbers qu’on imagine parfaites pour se promener au bord
de la plage de Brighton.
Arrivent ensuite les Turncoat, c’est leur troisième
participation au Brighton Live et effectivement ici pas d’amateurisme.
On pourrait les décrire comme Interpol en plus énervé
mais c’est un peu trop réducteur. Tous les membres
se dépensent beaucoup et les morceaux sont vraiment accrocheurs,
la deuxième excellente découverte du festival.
Les gars d’Electric Soft Parade montent sur scène
brancher leurs guitares, apparemment ils n’ont pas fait
de balance, ce qui inquiète un peu vu le volume fort peu
raisonnable de la salle. Et puis finalement ça commence,
la salle est comble, les fans sont devant. Ça faisait 2
ans que je ne les avais pas vu et c’est toujours aussi bon.
Leurs chansons sont des petits bonbons sucrés-amers, et
malgré la fatigue (ils arrivent tout juste de New York)
le groupe assure dans la bonne humeur : « we tried to be
rubbish, but sorry we were good ». Cette soirée sera
probablement la meilleure du Brighton Live avec d’excellents
groupes et tout ça gratuitement !
Samedi soir on retourne à l’Ocean Rooms pour voir
DJ Scotch Egg. La salle est de nouveau pleine. DJ Scotch Egg est
un étudiant japonais (dont le visa va bientôt expirer,
une pétition en ligne excite pour qu’il puisse rester)
dont la vie a été changée par KFC. Il fait
de la musique à partir de Gameboys avec une boite KFC sur
la tête. C’est complètement délirant,
le son est beaucoup trop fort mais c’est marrant. Le concert
ne dure pas très longtemps mais c’est parfait pour
finir une soirée.
Dimanche : la freshers’ flue s’est déclarée,
il n’est donc pas du tout raisonnable de sortir ce soir
mais Brighton n’est pas une ville où l’on peut
être raisonnable. C’est donc soirée hardcore
au Polar Central un pub avec une petite salle en haut pour les
concerts.
Monster Bobby ouvre la soirée, c’est un petit jeune-homme
qui chante des très courtes chansons à la guitare
acoustique accompagné de samples. Rien de révolutionnaire
mais sympathique.
Ensuite c’est le collectif Poly Shang Kuan Band : je les
avais vues en première partie d’Electrelane à
Londres il y a un an et demi et c’est le groupe qui me permet
de gagner à chaque fois le concours de la première
partie la plus étrange grâce à leur prestation
avec une énorme hache ! C’est un concept : du bruit
pendant 15 minutes, quand on sait à quoi s’attendre
on peut apprécier un peu plus, c’est rigolo de les
voir taper sur une basse, la plaque en fer, de crier comme des
folles…
Le dernier groupe est Charlottefield. Quatre garçons qui
ont du beaucoup écouter Sonic Youth et Fugazi mais ont
su s’en émanciper. Le batteur est vraiment brillant,
c’est l’un des meilleurs batteurs qu’il m’ait
été donné de voir. Ça sature dans
tous les sens, ça crie très fort mais c’est
jouissif !
Pour faire le bilan, ce festival était parfait pour une
2ème semaine à Brighton. Le concept est excellent
: voir un maximum de groupes locaux gratuitement dans presque
toutes les salles de concert de la ville, c’est parfait
pour découvrir toute la scène locale. On a vu du
très bon comme du très mauvais mais peut-être
n’aurait-on pas eu l’occasion de voir les très
bons alors cela valait vraiment le coup. Je n’ai pas mentionné
le fait qu’il y avait aussi des concerts le midi dans une
église et des conférences sur l’industrie
musicale toute la semaine. Bref bravo pour ce festival, à
quand quelque chose comme ça en France ?
To be continued…

|
Brighton
Chronicles n°2 by Cécile Communal

Du
20 au 23 octobre, Brighton célébrait son premier
Ladyfest. Nés en 2000 à Olympia, les Ladyfests sont
un peu le second souffle du mouvement riot grrrl. Le principe
est simple : organiser soi-même un festival afin de promouvoir
les artistes féminines indépendantes et évoquer
les problèmes qui concernent les femmes. On pourrait penser
au festival français Les femmes s’en mêlent
mais les Ladyfests ont une démarche beaucoup plus militante
et do it yourself. Le premier Ladyfest de Brighton a été
organisé par une petite troupe de jeunes filles et garçons
totalement dévoués à la cause. Pour la plupart,
c’était la première fois qu’ils organisaient
un tel événement d’où quelques hésitations
et retards le long du week-end mais sans gros problèmes.
Il faut noter que tous sont bénévoles, ils ont pris
beaucoup de leur temps pour mettre sur pied le festival et tout
au long de ces quatre jours, chacun sera toujours prêt à
aider sans aucun intéressement, juste le désir que
tout se passe bien. Si les Ladyfests ne sont pas connus de la
majorité de la population, ceux qui s’y intéressent
sont venus de loin : de toute l’Angleterre mais aussi d’Espagne,
France, Scandinavie et Pologne. Certains sont là pour la
musique (des fans d’Electrelane notamment), d’autres
pour l’aspect militant et avouent ne connaître aucun
des groupes à l’affiche du festival.
Un Ladyfest c’est donc des workshops avec des thèmes
aussi variés que l’avortement, le féminisme
queer ou des cours d’auto-défense mais on n’aura
malheureusement pas le temps de s’y rendre au cours du week-end.
Le Ladyfest de Brighton avait un gros programme de films : beaucoup
de documentaires sur des mouvements alternatifs menés par
des femmes. C’est le samedi qu’on vivra l’un
des meilleurs moments du Ladyfest. L’après-midi est
consacré aux riot grrrls avec la projection du documentaire
Don’t need you sur l’histoire du mouvement suivi d’un
débat avec Allison Wolfe et Tobi Vail. La petite salle
est pleine à craquer, on sent une véritable excitation.
Tout le monde ici a dû écouter des centaines de fois
les disques de Bikini Kill et Bratmobile et on a tous un peu de
mal à réaliser que deux de nos idoles sont là
pour répondre à nos questions et à faire
des blagues sur leurs coupes de cheveux de l’époque.
Tobi et Allison ont l’air d’avoir encore 20 ans, il
y a un vrai enthousiasme communicatif dans ce qu’elles racontent,
toute la petite assemblée nage en plein bonheur.
Mais un Ladyfest c’est comme les riot grrls : avant tout
de la musique. Impossible de parler de tous les groupes vus le
long de ces quatre jours donc on ne va garder que la crème
:
Jenny Wilson et sa sœur tranchent un peu avec le reste de
la population du Ladyfest : petits manteaux en fourrure, bottes
: l’élégance suédoise qui, si elle
peut paraître un peu froide à première vue,
s’envole dès que Jenny se met chanter ses petites
pop songs ensoleillées. Beaucoup de gens l’attendaient,
elle n’a pas déçu : son concert donne envie
de tomber amoureux.
Allison Wolfe est un peu l’opposé de Jenny Wilson
: elle sautille dans tous les sens et ne cesse de faire des blagues.
Partyline est le genre de groupe qui, même si vous êtes
le plus mauvais danseur de la Terre, vous donne envie de mettre
le feu au dancefloor. Générosité et énergie
sont les deux mots qui conviennent le mieux à ces post-riot
grrrls.
Samedi, Electrelane joue à la maison. Les fans sont là,
l’ambiance est incroyable, tout le monde semble juste très
heureux d’être là, on oublie tout le reste
et on se laisse porter par la musique. Le set est essentiellement
composé de morceaux du dernier album Axes, que dire à
part que tout dans ces chansons est parfait : la construction,
les mélodies, l’interprétation…
Le dimanche plus de dix groupes se succèdent sur la petite
scène de l’Engine Room. On retiendra Ray Rumours
: le projet solo de la bassiste d’Electrelane. Elle nous
offre ses petites comptines à la guitare et au ukulélé.
On pense un peu à Cocorosie mais sans le côté
arty pénible. Ici c’est la générosité
qui ressort même si Ros est mal à l’aise dans
le rôle de chanteuse et semble avoir envie de sa cacher
à la fin de chaque morceau. A la fin, on file acheter son
disque, un ami devait nous le passer depuis des semaines et l’oubliait
mystérieusement à chaque fois. Une fois qu’on
a le disque entre les mains, on comprend mieux : Ray Rumours appartient
à la très rare catégorie des disques que
l’on n’a pas envie de prêter, ces disques dont
on a l’impression qu’ils n’ont été
fait que pour nous, comme un petit journal secret qu’on
lirait en cachette près du radiateur. Ce disque, ce concert,
cette fille sorte de petit chat perdu, sont terriblement attachants.
En fin d’après-midi, une partie du public est assis,
la fatigue des derniers jours commence à se faire sentir
mais cela sera vite oublié avec la performance de Ill Ease.
Elle commence à la guitare et au chant et on pense à
la PJ Harvey des débuts, puis elle passe à la batterie
et nous envoie une frappe phénoménale. Elle est
tout simplement incroyable, assurément l’un des meilleurs
concerts du Ladyfest.
Enfin, on retiendra les locaux de Blood Red Shoes. Un duo : elle
à la guitare, lui à la batterie et tous les deux
au chant. Comme les White Stripes ou les Kills, les Blood Red
Shoes ne sont que deux mais l’énergie qui se dégage
sur scène vaut bien plus que les murs d’amplis de
Metallica. L’ambiance dans le public est devenue démentielle,
certaines filles enlèvent leurs t-shirts ce qui ne plait
pas aux propriétaires du bar qui virent tout le monde à
1h45. Le Ladyfest finit sur un incident rock’n’roll
mais tout de même un peu dommage.
Alors que retenir de ce Ladyfest à part que selon beaucoup
de ladyfesters c’était le meilleur Ladyfest auquel
ils aient assisté ? On se souviendra de concerts fabuleux
et surtout d’une atmosphère unique, où pour
une fois on n’a plus l’impression d’être
une minorité. A un Ladyfest, on rencontre des dizaines
de gens formidables et en plus de s’amuser, on en repart
en se sentant plus fort.
To be continued…
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